Le Barzoï Moderne

Copyright © 2002 par Rey et Yvonne McGehee - Valeska Borzoi
Pour Suzy et Nelson

L’opinion est une chose ephémère
Mais la vérité survivra au soleil-
Si nous ne pouvons posséder les deux-
Gardons la vérité

Emily Dickinson

L’élevage pour une morphologie fonctionelle
“Plus il allait vite, plus il devenait beau” Raymont Coppinger

L’idée d’un Barzoï pur-sang, d’un “type ancien” nous interpelle depuis longtemps. Dans son livre “Observations sur le Barzoï”, écrit en 1912 et dans d’autres textes, Joseph B. Thomas parle souvent d’un “type ancien”. Cependant, nous verrons en examinant les pedigrees et l’historique des chiens décrits par celui-ci, que ceux-ci n’étaient certainement pas d’un “type ancien” et en plus, qu’ils n’étaient pas vraiment différents des chiens importés par d’autres, en Angleterre et en Amérique. Il faut aussi dire, qu’au début du XXème siècle, aucune tentative de recréer un “type ancien” n’a eu lieu. Ces Barzoïs étaient d’un type complétement différent de ceux qui existaient au milieu du XIXème siècle.

Il y a une centaine d’années le concept de race et d’élevage était très différent de celui qui prévaut de nos jours. Aujourd’hui nous avons un organisme central d’enregistrement et sont composés par des individus issûs de ceux enregistrés dans cet organisme. Mais ce concept est relativement récent, car avant cette centralisation, l’élevage était pratiqué d’une tout autre manière. La performance et le choix personnel, plus que la notion de registre, dictait la sélection. Les anciens chasseurs et éleveurs russes croisèrent les différents types de lévrier à la recherche de la performance, tout en considérant ceux-ci comme des pur-sang car toujours des lévriers, définis par leur fonction et non par le pedigree. Ceci pourrait être similaire à la façon dont est sélectionné, de nos jours, le Husky de l’Alaska. Sur ce sujet, Joe Runyan, en 2000, écrivit:

«En fait, pour un conducteur de chien de traineau de l’Alaska, il serait idiot et absurde de définir un chien de travail, comme le Husky de l’Alaska en des termes purement descriptif et mécanique. Comment pouvez-vous garantir qu’un animal de cette morphologie ou de cette description sera un bon chien de traineau? Par exemple: Si un musher de l’Alaska devait approcher un groupe de nomade en Syrie, et demandait si on pourrait lui montrer un Saluki, celui-ci penserait, sans arrière pensée, qu’on lui présenterait un lévrier capable de courir et d’attraper du gibier. Si ce n’était pas le cas, comment pourrait-il être un Saluki? De la même façon, un musher de l’Alaska considère un Husky comme un animal de trait. Tout autre chien, même s’ils ont l’apparence du Husky de l’Alaska, ne sont pas considérés comme tel.» Pour illustrer ce point, Joe Runyan demanda à la musher Dee Jonrowe si elle considérait que tous ses chiens étaient des “représentants typiques” du Husky de l’Alaska. Elle lui répondit: «Oui, je dirais que tous mes chiens sont des Huskys de l’Alaska. Bon! Une minute. Deux d’entre eux, ne le sont pas. Je les ai acquis récemment et bien qu’ils soient des Husky ou y ressemblent, ceux-ci ne sont définitivement pas capable de travailler avec les autres.» Ici elle définit ces chiens par leurs aptitudes au travail et non par leur aspect extérieur. Dans un autre exemple, une femme cherchait à savoir si son chien était un “Border Collie” ou un “Berger Anglais”, en se basant sur la forme de la tête. Un expert du “Border Collie” de travail, lui expliqua que la tête pouvait présenter plusieurs formes ou nuances différentes et que celle-ci n’était pas représentative de la race, et lui demanda: «Plutôt que de regarder la forme de la tête, comment se comporte-t-il? Est-ce qu’il s’accroupit? Est-ce qu’il cherche à s’approcher sans éveiller l’attention? A-t-il un penchant naturelle à regarder autour de lui, à surveiller? Si c’est la cas, c’est un “Border Collie”. Dans la cas contraire ce n’en est pas un.»

Le “comportement physique” (en anglais: “Behavioral shape”) est un terme utilisé par Raymond Coppinger, professeur de biologie au collège du Hampshire. Pour lui, cette façon de décrire un chien, ne peut souffrir aucune compromission et il prend l’exemple du chien de traineau: «J’aimerais voir son attitude, au galop, à 30 kmh. Son attitude en position statique ou en liberté, courant après une balle, ne m’intéresse pas. Je veux voir son comportement, quand il est harnaché au traineau. C’est le seul comportement acceptable pour un chien de traineau. C’est pourquoi l’intérêt d’un musher pour l’exposition canine est faible. Pour lui la seule façon de choisir un chien, est de le voir dans l’effort. Courir est une attitude, un comportement. Si je veux un chien d’exposition (qui présente bien), je sélectionnerai un chien qui a ce genre de prédisposition. En tant que musher, je ne suis pas intéressé par un chien qui présente bien.»

Bien des qualités permettant à l’animal d’assurer son comportement au travail ne sont invisibles de l’extérieur. Voici ci-après une illustration chez le Barzoï. Dans le “Borzoi International” du printemps 1993, Piotr Mihaïlovitch Gubin est cité, discutant de l’importance de la “chair noire” ou “chyornye myasa”, de la musculature arrière. La description qu’il en fait, indique que celle-ci est très vascularisée, ce qui permet la vitesse et l’endurance, des caractéristiques comportementales essentielles du Barzoï. Voici en résumé la discussion que Piotr M. Gubin publia dans le “Guide Complet de la Chasse avec le Barzoï”, paru en 1890: «Dernièrement, une polémique s’est engagée entre différents chasseurs à propos des caractéristiques extérieurs de “l’ancien Barzoï”. Certains prétendent que celui-ci devait avoir une musculature arrière peu développée et une cage thoracique étroite, descendue, donnant l’impression d’un Barzoï plutôt étroit. Toutefois cette affirmation est un non-sens. Un Barzoï de ce type n’est en rien, adapté au travail demandé et d’un aspect extérieur inacceptable. C’est pourquoi, j’aimerais réaffirmer l’importance du développement et de l’épaisseur de la musculature arrière ou “chyornye myasa”, ainsi qu’une cage thoracique bien développée, ouverte et bien profonde. L’importance aussi d’une tête et des jarrets secs, de la structure osseuse et de la puissance du chien. Ces caractéristiques physiques sont essentielles pour toutes les races de lévrier et plus particulièrement pour le Barzoï, qui doit montrer vitesse et endurance au travail.»

Le mot “Barzoï” est utilisé par les russes pour désigner les races de lévrier en général, de la même façon que “de l’Alaska” est utilisé pour appeler les races de chien de traîneau. Ceci est aussi valable pour l’appelation “Greyhound” en Angleterre. E.G. Walsh, dans son livre “Lurchers and Longdogs”, en 1978, écrivit à propos de l’utilisation du mot “greyhound” dans l’Angleterre du 11ème au 14ème siècle: «Le mot toujours utilisé pour désigner les lévriers, quelque soit leur apparence, est “leporarius”, celui-ci étant traduit par “greyhound”.» Dans le journal “Sighthound Review”, de janvier-février 2001, Gail Goodman a écrit qu’en examinant des Salukis en Israël, elle en vit un avec un port d’oreille en rose, comme le Barzoï et se demanda si c’était un chien de race pure ou non. Sur cette question elle cite une correspondance qu’elle eut avec Mike Ratcliffe: «Ce qui suit est une conversation entre Mike et un bédouin d’Arabie Séoudite. Mike fait remarquer au bédouin, qu’il pense que son Saluki n’est pas de pure race et qu’il a du sang d’un autre lévrier. Le bédouin, chasseur de grande notoriété, lui répondit que cela lui est complétement égal quels sont les ancêtres et qu’il considère son Saluki comme “asil” ou de race pure. Pour trancher ce débat, c’est en définitive au bédouin de savoir si son chien est “asyl” ou pas. Lui seul connait son Saluki.» Ici, de nouveau, le chien est défini par sa fonction et non par son ascendance. Un autre exemple est donné par Ursula Birr, Gerald Krakauer et Daniela Osiander dans le livre “Dog’s Best Friend”, paru en 1966 quand ils parlent du chien “Aïdi” et du Sloughi au Maroc: «Une vie de chien de compagnie ôterait à ceux-ci une bonne partie de leur identité comme chien de travail. C’est comme cela que le Barzoï et certains terriers ont perdu une partie de leur caractère.» La morale d’une anecdote, racontée par Hans Jorgen Strassner, grand voyageur en Afrique et grand amateur de l’Azawakh s’applique à toutes les races. Selon celle-ci, en 1853, le vice-régent d’Egypte Abba Pasha dit a Freiherr von Hugle, messager du roi du Wurtemberg, Wilhelm 1er: «Je n’ai aucun doute que vous arriverez à vous procurer des chevaux arabes. Mais ne croyez pas qu’une fois l’acquisition faite, que vous serez en mesure d’élever des chevaux arabes. Ceux-ci ne peuvent être considérés de race pure, que s’ils vivent dans leur milieu naturel, c’est à dire le désert et qu’ils sentent le sable chaud sous leurs sabots.» Bien que cette idée semble difficile à accepter pour un occidental, pour qui la notion de “race” est étroitement définie, c’est la vérité. Quand un animal est enlevé à l’environnement pour lequel il a été sélectionné, celui-ci évoluera, génération après génération, pour ne plus ressembler du tout à l’original. Quel que soit son aspect, il cessera de fonctionner pour ce qu’il avait été sélectionné.

Dans le journal “Atlantic Monthly”, du mois de juillet 1999, Stephen Budiansky décrit comment l’élevage était pratiqué il y a cent ans: «Les marqueurs génétiques laissent supposer que, jusqu’à la fin du XIXème siècle, les éleveurs ont sélectionnés avec succès de nombreuses variétés de race canine. Depuis le chien de compagnie au chien de combat, du chien pour la chasse à plume au chien de traîneau, sans la perte de la diversité génétique et sans l’augmentation significatif d’anomalie physique et comportementale. L’évidence suggère aussi, que les problèmes qui sont apparus, ne sont pas les résultats d’une pratique d’élevage délibérée, comme habituellement affirmée, mais plutôt des effets collatéraux largement évitables.»

«Historiquement, les chiens étaient classés par types généraux. Il y avaient les chiens de berger, les chiens pour la chasse au renard, les épagneuls, les chiens d’arrêt, le retriever, etc. Mais, les chiens d’arrêts étaient juste cela. Il n’y avait pas de race à poil court de Weimar ou de Hongrie (Vizslas). Comme le démontre les données génétiques de Wayne, la mixité entre les différentes races et la transmission des gènes de grande ampleur étaient courantes, même quand la ségrégation par type devenait la norme. Les types sélectionnés étaient différents, que ce soit par l’apparence physique ou par le comportement; les sélections se firent dans l’esprit de satisfaire des buts spécifiquements humains. Mais, le point crucial de tout ceci, c’est que les chiens furent définis, plus par l’apparence et la fonction, que par l’ascendance.» (Ceci est aussi vrai pour le barzoï.) Dans le livre “Dog’s Best Friend”, Birr, Krakauer et Osiander parlent de la façon des occidentaux de séparer les différents types de race. A propos des chiens du Népal, ils disent: «Aujourd’hui cinq races descendent du “chien-lion”: le Lhasa apsos, le Shi tzu, le Pékinois, le terrier du Tibet et l’épagneul Tibétain. Cependant, la stricte différenciation entre les races n’est faite que par les éleveurs occidentaux et est inconnue dans le pays d’origine du chien.» Des Sloughis ils disent aussi: «Les premiers chiens arrivèrent en Angleterre, en 1907, mais n’étaient pas différenciés de leurs cousins les Salukis. Cette différentiation était alors inconnue chez les Arabes.» La FCI fait une claire distinction entre les deux; le Saluki à toujours une fourrure moyenne à longue, tandis que le Sloughi à une fourrure courte et droite. Le cynologiste Suisse, Hans Raber estime que la différence entre les races de chien arabe, est très “fluide”: «Par exemple, il y a des races qui comportent des spécimens à poil long, comme des spécimens à poil court. L’azawakh déviation (perversion) du Sloughi, est également devenue une race indépendante.» Ceci est aussi applicable en Russie. Les différentes races régionales de lévrier (Barzoï) furent sélectionnées (mélangées) entre elles et toutes considérées comme pure.

Encore quelques mots de Stephen Budiansky, en 1999: « Au début des années 1870, avec l’apparition des Clubs de Race en Angleterre et aux Etats Unis, les Livres des Origines (LO) “fermés” furent introduits, dans le but de développer et de maintenir des animaux de “race pure”. Un chien pouvait être inscrit comme chien d’arrêt de Hongrie (Vizslas), que si ses parents étaient inscrits en tant que “Vizslas”. Point barre!! Derrière tout cela, il y avait plus qu’une petite pensée raciste; les manuels d’élevage de la fin du XIXème siècle, sont plein d’exhortations d’éliminer les “chiens chétifs” et de revigorer la race, par le maintien de la “pureté” dans les lignées. Mais penser qu’un Saluki des temps modernes descend directement et exclusivement des Pharaons, est un raisonnement qui montre les limites des théories du sang noble.» Ceci concerne également le barzoï. Budiansky dit encore: «C’est seulement à la fin du XIXème siècle, que la notion de “race pure” prend racine.» Le baron G.D. Rozen était persuadé que, même les personnes prônant la notion de “race pure”, faisaient des mélanges à l’intérieur de leur meute et qu’aucune différenciation n’existait entre les différentes races de lévrier. Il écrivit, en 1891, une ébauche sur l’historique du Barzoï, dans laquelle il dit: «Un grand nombre de chasseur aimerait que la Société Impériale différencie pour les expositions, les chiens à poil long des chiens à poil épais, des chiens de race pure à poil long. Mais je ne sais pas si cette ségrégation conduira à quelque chose de positif dans l’élevage. Je ne le crois pas…Je suis arrivé à la conclusion que nos chasseurs professent une chose tout en faisant autre chose dans leurs élevages. C’est à dire… sans tenir particulièrement à un type, faisant ce que les circonstances permettent et comme ils l’entendent. Maintenant et avant… Il y avait des chiens de Crimée à poil court, à poil long et portant la “barbe” (genre Deerhound). Ces chiens furent tous mélangés par ces mêmes chasseurs qui se plaignent de la dilution de la pureté des races et de l’élevage de “l’ancien Barzoï”.» Ce qui précède explique, peut être, pourquoi Joseph B. Thomas et d’autres mettent tant l’accent pour un “ancien” Barzoï de race pure.

C’est aussi à la fin du XIXème siècle que les russes commencèrent à fonder des clubs de race. Jusqu’à cette période le Barzoï était, délibérément et avec attention, mélangé à d’autres types de lévrier par les éleveurs, pour accroître ses performances. Dans le “Borzoi International”, de l’automne 1990, P.M. Semchenkov à écrit: «Le lévrier russe a reçu pendant plus de 50 ans du sang du lévrier des Montagnes et de Crimée, et durant une plus longue période du sang de lévrier Polonais (Khorty). Toutes ces expérimentations furent faites par des éleveurs méritants, bien éduqués et sachant ce qu’ils faisaient. Celles-ci ne furent pas faites pour cause “d’ennui” ou pour “passer le temps”, mais avec un but ultime, perfectionner la force et l’endurance à la course du lévrier russe.» Joseph B. Thomas l’explique lui-même avec justesse, dans le numéro d’octobre, en 1906, de “Illustrated Outdoor News”: «Toutes les races, à l’exception de celles qualifiées de “fantaisies”, nous sont parvenues à travers les âges, sélectionnées pour un but. N’existant que, parce qu’elles remplissent les besoins de l’homme.» Personne ne pouvait le dire plus justement. Avant la fondation des clubs de race, les russes élevaient le Barzoï, principalement pour maintenir ou améliorer les aptitudes à la chasse du chien, et pas dans le sens de la pureté du sang, comme définie de nos jours. P.M. Semchenkov écrivit au printemps, 1993, dans le “Borzoi International”: «Que les processus d’élevage durèrent près de 200 ans et, pendant ce temps la sélection était principalement basée sur les propriétés au travail, ce qui signifie que le centre d’intérêt était avant tout les caractéristiques comportementales à la course.» Ces chiens étaient élevés pour une fonction. Comme le dit Aatis Lillstrom dans le “Borzoi Quarterly”, au cours de l’hiver 1979-80: «Les “Lurchers” en Angleterre et les chiens de race mélangés dans l’Ouest Américain, furent probablement élevés, de la même façon que les russes élevaient le Barzoï, à la fin du XIXème siècle.» E.G. Walsh, dans son livre “Lurchers and Longdogs”, suggère que le greyhound est élevé de la même façon jusqu’à la fin du XVIIème siècle: «Le Lurcher n’a pas changé parce qu’il était et est un chien exclusivement élevé pour le travail et le travail demandé n’a pas évolué au cours des siècles. La seule différence est que jusqu’à la fin du XVIIème siècle, celui-ci était connu sous le nom de Greyhound» C’est aussi vrai à propos du Barzoï, sauf que ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle que celui-ci devint un chien de “race pure”, selon les critères d’aujourd’hui. Budiansky, en 2000, écrit: «L’échange de gènes entre les différentes races de chien, mais de même type s’est produit il y a déjà fort longtemps. Plusieurs siècles, est une affirmation raisonnable.» C’est comme cela, que les russes ont élevés le Barzoï jusqu’à la fin du XIXème siècle. Ils l’ont souvent mélangé à d’autres races de lévriers pour améliorer ses capacités de chasseur.

En Russie
Bon ! En avant pour savoir ce qui est vraiment connu du Barzoï en Russie. Les chiens pour la chasse au courre sont connus depuis des siècles. Mais, ils n’étaient pas le Barzoï (Russkaya Barzaya ou Psovaya Barzaya) telle que nous le connaissons de nos jours. En Russie le terme “Barzoï” désigne tous les lévriers et ceci peut amener à des confusions. Lorsque le vocable “Barzoï” est utilisé, cela ne veut pas forcément dire que le lévrier appelé par ce mot est celui auquel on fait allusion. Joseph B. Thomas écrit en 1912: «Il est certain qu’il existe une méconnaissance fondamentale de l’historique et de l’utilisation du Barzoï.» Ceci semble être toujours d’actualité, même de nos jours. Depuis l’apparition du premier chien pour la chasse au courre en Russie, au travers des changement de l’utilisation de celui-ci sur le terrain et les proies convoitées, au travers des vicissitudes de la révolution et jusqu’à nos jours, les éleveurs et chasseurs russes ont mis des siècles de travail, d’amour et d’effort pour produire le Barzoï moderne. Nous ne devrions pas gaspiller cet héritage, mais l’utiliser à notre avantage.

Leonid Pavlovitch Sabanejev était un biologiste russe et un historien des races, de grande renommée. Ne possédant aucun Barzoï, il n’écrivit aucun texte sur l’élevage, la sélection et la chasse, mais uniquement à propos de leur histoire. P.M. Semchenkov écrivit à propos de Leonid Sabanejev, dans le “Borzoi International”, de l’automne 1990: «Etant un biologiste hors pair et une personne aux connaissances encyclopédiques, Leonid Sabanejev concentra son attention sur l’historique de la race. Il fut hautement félicité pour son analyse en étroite communion avec l’histoire de la Russie, ignorant les légendes et les histoires à dormir debout.» L’information suivante est un résumé du livre les “Chiens de chasse: Barzoï et Chien de meute”, par Leonid Sabanejev, publié en 1899. Vers la fin du XVIème siècle le lévrier de l’Est pénétra en Russie, en provenance de la Perse. Ces chiens furent croisés à des chiens du nord, qui ressemblaient beaucoup au loup. Ce croisement fut effectué pour améliorer la résistance au froid sévissant en Russie. Cette nouvelle race de lévrier avait une fourrure plus longue avec des franges, du sous-poil et une crinière (manchon). Elle avait aussi les oreilles droites ou semi-droite. C’était le premier Barzoï Russe.

Lévrier barbu ou hirsute
Illustration du livre de Leonid M. Sabanejev

Au début du XVIIIème siècle, les chasseurs russes croisèrent le Barzoï de cette époque avec le Greyhound anglais, le Khorty polonais et le lévrier hirsute (poil dur) d’Assyrie. Le résultat du croisement avec le Greyhound disparu, car rien de bon en sortît, disait-on. Toutefois quelques chasseurs utilisèrent les premières génération du croisement entre le Greyhound et le Barzoï. Ceux-ci essayèrent d’améliorer les aptitudes à la chasse du Barzoï. Si un croisement n’apportait pas les résultats escomptés, il n’était pas renouvelé et la descendance n’était pas utilisée. Le croisement avec le lévrier d’Assyrie fut appelé le “Kurlyandskaya Psovaya Borzaya”. Le Barzoï hirsute descend d’un croisement du lévrier d’Assyrie et du chien hirsute des montagnes. La sélection du Barzoï hirsute fut entreprise pour développer le mordant (combativité du chien contre le renard et le loup) et la puissance de la race russe. Le “Kurlyandskaya Psovaya Barzaya” a, peut-être, été le vrai Barzoï russe, sélectionné pour la chasse au sanglier, au loup ou d’autres “grands” gibiers. Dans le numéro de février, 1839, du “Gentleman’s Magazine”, le Greyhound (lévrier) Russe est décrit comme un chien grand et puissant, presque d’égale force au Greyhound d’Irlande, auquel il ressemble par la forme… La couleur du Greyhound Russe est généralement d’un brun foncé, parfois noir. Sa fourrure est drue et embrouillée. Cette description ressemble plus à un Irish Wolfhound, qu’à un Barzoï moderne.

Par la suite, le “Kurlyandskaya Psovaya Barzaya” fut croisé avec le premier lévrier Russe; souvenez-vous, ce chien est le résultat du croisement entre un lévrier en provenance de Perse et d’un chien aux oreilles droites, du nord. Ce croisement donnera éventuellement le “Gustopsovaya Barzaya”. Il est considéré pour beaucoup de personnes, comme le Barzoï de pure race de “l’ancien type”. Mais d’après les standards d’aujourd’hui, ce chien aurait été considéré comme un bâtard ou en Angleterre comme un “Lurcher”.

Le “Gustopsovaya Barzaya” était capable de courir à grande vitesse sur courte distance, avec en plus la combativité et le mordant du Barzoï hirsute. Ce chien avait une caractéristique particulière qui le permettait pendant une poursuite, de donner au moment de la capture, un dernier sursaut d’augmentation de vitesse pour capturer le gibier. Ceci est un comportement fonctionnel qui n’est pas discernable au repos, donc dans un ring d’exposition. Ce comportement est particulièrement bien adapté à la chasse au lièvre. Le loup fuit droit devant lui pour se cacher dans le premier couvert rencontré.

Avec l’affranchissement des serfs et d’autres changements politiques et sociaux en Russie, au milieu du du XIXème siécle, les grandes propriétés disparurent causant des mutations profondes dans l’agriculture. Les champs cultivés s’agrandirent considérablement et les forêts entre les parcelles cultivées diminuèrent proportionnellement. Ces changements se produisirent sur des centaines de milliers de kilomètres carrés. Le lièvre blanc est un animal vivant en forêt et était le gibier commun, chassé avant les années 1860, sur les petites parcelles cultivées. Avec l’augmentation des surfaces cultivées et la diminution de la forêt, le lièvre blanc se raréfia pour laisser la place au lièvre brun des plaines. La chasse au lièvre blanc requérait un chien qui accélérait rapidement, soutenant une vitesse maximum sur une courte distance, l’endurance n’étant qu’une qualité secondaire. Le lièvre brun court plus vite et sur de plus grandes distances, une adaption nécessaire pour vivre à découvert, en plaine. Le lièvre en général, était la proie de prédilection du Barzoï et les changements de superficie des espaces ouverts requerra d’autres qualités correspondantes chez le lévrier Russe. Le lièvre des plaines est capable de courir à une vitesse de 75 kmh. Cette capacité du Barzoï de fournir ce sursaut de vitesse au moment de la capture, est aussi une adaptation sélectionnée pour la chasse au lièvre brun.

Le "Gustopsovaya Barzaya"
Illustration du livre de Leonid M. Sabanejev

Le “Gustopsovaya Barzaya” était seulement capable de courser sur courte distance de 650 mètres à 740 mètres. Comme les conditions de chasse se modifièrent avec un allongement significatif des distance, l’utilité du “Gustopsovaya Barzaya” diminua d’autant et, les chasseurs cherchèrent à augmenter l’endurance du Barzoï. Quelques éleveurs croisèrent celui-ci avec le lévrier des montagnes de la Transcaucasie Tatar et du Kurdistan Perse. Le résultat donna des chiens ayant de l’endurance et de la vitesse sur de grande distance. Vers les années 1870, ce chien devint très populaire en Russie et les souches du “Gustopsovaya Barzaya” et du “Kurlyandskaya Psovaya Barzaya” disparurent, pour laisser la place au “Psovaya Barzaya”, le Barzoï moderne. En 1892, Le lieutenant G. Tarnooski en poste dans la province Russe de la Transcaspienne fait référence au “Gustopsovaya Barzaya”, dans le journal “Forest and Stream”: «Celui-ci n’existe pratiquement plus, quoiqu’en dise Monsieur Karelov et d’autres.» Leonid Sabaneev pensait aussi que la disparition du “Gustopsovaya Barzaya” comme définitive. Monsieur Karelov, cité plus haut, était semble-t-il, la seule personne faisant l’élevage à but lucratif. Ses chiens ressemblaient au “Gustopsovaya Barzaya”, avec de bonnes oreilles, une fourrure correcte, de bonne stature et une queue adéquate. Ceux-ci étaient aussi bons à la course, très rapide sur courte distance. Mais la qualité du dos peu musclé et très osseux était discutable, ce qui faisait dire que ses chiens étaient les “Esturgeons” de la race Barzoï.

Le lévrier des montagnes
Illustration du livre de Loenid M. Sabanejev

Un chasseur Russe de grande notoriété, Pjotr Mihaïlovitch Matchevarianov est un des éleveurs qui ajouta du sang du lévrier des montagnes dans ses lignées. A la fin des années 1840, il croisa son “Gustopsovaya Barzaya” avec le Barzoï des Montagnes de A.V. Zhikarev et de A.A. Stolipine. Il fit ce croisement pour développer la cage thoracique, la masse musculaire pour augmenter l’endurance et la puissance. Il le fit également pour obtenir de meilleurs yeux, grands et foncés. Il utilisa la descendance de ce croisement avec un “Gustopsovaya Barzaya”, soit disant de pure souche. Cela lui donna un nouveau type de lévrier, qui était considéré comme le meilleur Barzoï moderne. Matchevarianov développait une nouvelle race et P.M. Semchenkov en parle dans le “Borzoi International” de l’hiver 1993: «Il rêvait de créer un nouveau type qui ne serait pas inférieur en réactivité et combativité à l’ancienne race, mais qui serait très supérieur en endurance.» Les Russes propriétaires de Barzoï, utilise le terme de “force”, “fort” pour désigner l’endurance à la course. P.M. Semchenkov explique: «La notion de “force” appliquée au Barzoï, voulait exclusivement parler de son incroyable endurance à la course et à ses capacités de capturer facilement des lièvres bruns, dans les champs. Même si le chien était laché à grande distance du lièvre.» D’après Piotr M. Gubin:
«Pjotr.M. Matchevarianov mettait particulièrement l’accent sur le fait que, la notion de “force” n’avait rien à voir avec la chasse au loup.» Les croisements avec le lévrier des montagnes donnèrent des sujets très rapides, avec des belles têtes, fines et étroites, de grands yeux et des oreilles larges. Mais ils avaient une fourrure au poil plus court, les oreilles et la queue de qualité inférieure. Matchevarianov acquit ses ou son Barzoï de N.M. Naumov en 1831. Naumov avait ses propres lignées et possédait 200 à 300 lévriers. Celui-ci apprit tout du Barzoï par le Comte A.G. Orlov. En 1870, les chiens de Matchevarianov avaient tant de consanguinité, que ceux-ci perdirent de la stature et de la combativité. Pour augmenter la qualité génétique, Matchevarianov introduisit dans ses lignées du sang des lignées d’un éleveur qui lui aussi, avait croisé le “Gustopsovaya Barzaya” avec le Barzoï des Montagnes. Cet éleveur s’appelait Nicolaï Petrovitch Ermolov et en 1873 les deux lignées n’en faisait plus qu’une.

"Yasva"
Un chien de chez Pjotr M. Matchevarianov

Nicolaï Petrovitch Ermolov était aussi un éleveur de grand renom. Sa famille avait élevé des lévriers pendant 200 ans, jusqu’en 1880. En fait, P.M. Semchenkov suggéra que les pedigrees d’Ermolov étaient les plus anciens, quand il dit dans le “Borzoi Interantional”, de l’hiver 1992: «Les chiens d’Ermolov possédaient des pedigrees qui sont reconnus, comme les plus anciens.» Nicolaï P. Ermolov était considéré comme le meilleur éleveur, en Russie. Il gagna le premier prix en Russie, en 1888, pour l’excellence de son élevage. Monsieur Ermolov écrivit le premier standard, approuvé en 1888, au congrès des chasseurs Russes. Il avait croisé ses chiens au lévrier des Montagnes, avant de combiner ses lignées à celles de Matchevarianov, dans le même but; augmenter la capacité thoracique par la largeur, augmenter la masse musculaire et l’endurance. La qualité des lévriers d’Ermolov était la meilleure juste après celle de Matchevarianov. Messieurs Ermolov et Matchevarianov sont considérés comme les pères fondateur du Barzoï, tel que nous le connaissons aujourd’hui, le “Psovaya Barzaya”. Ermolov dit en 1888, dans la “Description des Caractéristiques Typiques chez le Chien de Chasse”: «C’est comme cela que l’inoubliable Matchevarianov et moi-même, nous considérons comme presque parfait ces chasseurs solitaires, que sont les lévriers Russe, qui furent produit par croisement avec le lévrier des montagnes.»

Une femelle Barzoï de l'élevage de Nicolaï P. Ermolov
Illustration tirée d'un journal Russe

En 1892, Leonid M. Sabanejev écrivit dans le “Livre des Références et du Calendrier des Chasseurs”: «Les anciennes races de lévrier Russe ont été obligées d’évoluer et de perdre quelques unes de leur vieille caractéristique, suite aux changements intervenus dans le pays; comme par exemple la diminution de la superficie forestière. Le lévrier “court” incapable de courir sur de longue distance, perd graduellement de son importance au profit d’une plus grande endurance, d’une plus large cage thoracique et d’une musculature puissante. Mais quelques caractéristiques de l’ancien lévrier sont préservées soigneusement. Les éleveurs bien connu Pjotr M. Matchevarianov et Nicolaï P. Ermolov ont croisé leurs lévriers avec le Barzoï des Montagnes et ont obtenu des chiens ayant une cage thoracique plus large, tout en gardant la profondeur jusqu’au coude et une musculature puissante. Ils préservèrent les oreilles se touchant derrière la nuque, et cette capacité de grande vitesse avec le dernier effort de la capture. Pendant longtemps cette puissance et les qualités annexes furent considérées incompatibles.» Ermolov dit des Barzoïs des Montagnes: «J’ai connu plusieurs lévriers des Montagnes de pure souche et même constaté leur vitesse à la chasse au lièvre. C’étaient tous des chasseurs solitaires, à la nervosité moyenne, mais d’une combativité exemplaire ayant de solide jarret; le résultat immédiat de leur croisement avec le “Psovaya Barzaya”, fut une plus grande vitesse et souvent des chiens d’un courage exemplaire - ces chiens étaient vraiment exceptionnels.» Ils amélioraient les points faibles tout en préservant les qualités déjà présentes. Monsieur Karelov voulu faire disqualifier de la compétition, les chiens d’Ermolov à cause de la présence de sang de lévrier des Montagnes. Ermolov lui répondit: «Il n’existe plus de “Psovaya Barzaya” de pure souche; tous les “Psovaya Barzaya” que nous avons de nos jours contiennent du sang d’autres lévriers, qu’ils soient de la Montagne ou à fourrure lisse. C’est un fait que le type est éteint et maintenant, chacun doit essayer de préserver et améliorer la race d’aujourd’hui par un élevage de qualité.» Les éleveurs russes avaient des grandes connaissances et n’introduisaient pas du sang étranger parce que c’était une nouveauté pour eux. Ils connaissaient l’élevage et les sélections étaient faites pour améliorer le comportement à la chasse. Si la sélection n’apportait pas les améliorations désirées, elle n’était pas répétée et les chiots étaient laissés sans descendance. Joseph B. Thomas écrit en 1912, sur la “folie” qui s’empare des éleveurs russes pour les croisements, un réel “engouement”, en enfonçant le clou. Cela n’est pas juste, parce que ces personnes pratiquait l’élevage depuis de longues années, parfois depuis des générations et ils savaient ce qu’ils faisaient.

En 1870, les clubs de race avec le Livre des Origines “fermé” commencèrent à s’organiser. La première exposition en Russie, eu lieu en 1874. C’est à ce moment que les sociétés de chasse russes décidèrent de “fermer” le Livre des Origines. Les Russes commencèrent alors à élever des Barzoïs de “race pure”. Cela ne fut pas appliqué parce que le soi-disant Barzoï de race pure était meilleur chasseur. Cela fut fait pour satisfaire le besoin des clubs de race. C’est aussi en ce temps là, que le Barzoï que nous connaissons aujourd’hui commença son existence. En 1971, dans son livre “Borzois”, Winifred E. Chadwick, disait: «Le Barzoï à fourrure ondulée, comme nous le connaissons, existe depuis le XVIème siècle.» Comme je viens de le démontrer, celui-ci ne fut développé qu’à partir du XIXème siècle.

Le Barzoï Moderne à Perchino en 1910
Notez la largeur de la poitrine

Le Barzoï moderne différait du type ancien, par sa musculature plus conséquente, une plus grande force, une largeur de cage thoracique et une élasticité des côtes plus grande, tout cela pour une plus grande endurance. Ils préservèrent la célérité et ce sursaut de vitesse à la capture de l’ancien type, plus étroit. Le développement du Barzoï moderne fut entravé, au début de l’année 1870, par un antagonisme entre les “chasseurs - exposition” et les “chasseurs - travail”. Cette différence d’orientation conduisit à des demandes diamétralement opposées à la race. Les “chasseurs en exposition” mettant l’accent sur la hauteur de tête et les points de beauté du chien, tandis que les “chasseurs au travail” donnaient plus d’importance sur les capacités de travail, la construction du corps et le sursaut de vitesse. Cette division est toujours d’actualité de nos jours. Tous les Russes de ces temps révolus, à l’exception de Monsieur Karelov, qui élevaient dans le but de vendre, étaient des “chasseurs au travail”.

Nikolaï Arkadjewitch Boldarev
Nikolaï A. Boldarev était en Russie, un éleveur et un chasseur de renom. Il détenait le titre de Juge et fut Président de la “Société Impériale”, en 1892. La meute de chasse de Boldarev fut fondée en 1866. Son type idéal appartenait à la lignée d’Ermolov. Comme nous le savons maintenant, cette lignée fut croisée, avec celle de Matchevarianov. Ceci fut fait pour les raisons citées plus haut. Le numéro du 31 décembre de “Forest and Stream”, en 1891, cita Nikolaï A. Boldarev:
«La renaissance du type ancien était impossible et que mon idéal était représenté par les chiens d’Ermolov.»

Nikolaï Arkadjewitch Boldarev

Nikolaï A. Boldarev éleva le Barzoï “moderne” et, avec l’aide d’autres passionnés continua le travail d’Ermolov et de Matchevarianov, après leurs décès. Les autres chasseurs avec qui il travailla, furent Dmitry Pavlowitch Walzov (le futur intendant de Perchino), J.P. Sokolov et S.W. Ozerov. Nikolaï A. Boldarev était l’oncle d’Artem Boldarev. Artem repris la chasse de son Oncle en 1896, 30 ans après sa fondation. Il avait un chien de chez Matchevarianov, appelé “Ubie”, qui gagna, en 1881, la plus haute récompense données à la sixième exposition annuelle de Moscou, la Grande Médaille d’Argent. Nous montrerons plus bas, que beaucoup de Barzoïs de la lignée de Nikolaï Boldarev furent importés aux Etats Unis avant que Joseph B. Thomas n’alla en Russie.

En dehors de la russie

Dans les années 1880, le “Barzoï Moderne” n’était pas complètement stabilisé et c’est alors qu’il fit son apparition aux USA. Ci-dessous nous verrons d’où proviennent les premiers Barzoïs américains, ce qu’ils sont devenus et qui les ont importés et pourquoi.

Paul Hacke
Paul Hacke fut le premier Américain à importer des Barzoïs. En 1888, il en avait deux, qu’il avait sélectionné pendant une exposition canine à Paris. Dans le numéro du 14 juin 1888 de “Forest and Stream”, il est écrit: «Monsieur Paul Hacke de Pittsburg, en Pennsylvanie, est le propriétaire d’une paire de lévriers Russe. Nous pensons que ces deux spécimens sont les seuls connus à ce jour dans notre pays. Ils ont la morphologie du Deerhound, mais avec une fourrure plus douce et soyeuse.» En 1892, Monsieur Hacke enregistra son chenil au nom de “Muscovite”. Il fut également le premier Américain à visiter la Russie et au retour, à ramener des Barzoïs. Le Colonel Roger D. William. lui-même propriétaire de lévrier Russe, écrivit en 1895, dans le livre “La chasse dans différentes contrées (Hunting in Many Lands)”: «Monsieur Paul Hacke de Pittsburg, un amateur enthousiaste, pu voir des Barzoïs en compétition avec des loups captifs, pendant un voyage en Russie. Celui-ci devint si passionné par cette chasse, qu’il fit l’acquisition de quelques Barzoïs entraînés et les ramena au pays.»

"Czar"
Qui appartenait à Paul Hacke

Deux des premières importations de Paul Hacke, furent “Czar” et son fils “Ivan”. “Czar”, de toute évidence, était encore un chien avec des caractéristiques, des croisements intervenu avec le lévrier “hirsute” d’Assyrie. William Wade, un autre importateur de Barzoï, écrivit dans le numéro du 9 mai 1889, de “Forest and Stream”: «”Czar”, le chien de Monsieur Hacke, montré à Pittsburg, ressemblait trop au type du Deerhound, avec une fourrure bouclée, quelque peu laineuse. La fourrure de “Czar” ne ressemblait en rien à celle de son fils ou du Barzoï de New York. Sa gueule portait encore un rudiment de barbe et n’était pas aussi finement dessinée. Son fils, montré à la même exposition était presque parfait. Très grand et long, avec des postérieurs impressionnants, une poitrine profonde et bien descendue. Il avait une tête magnifique, une queue d’une belle forme, plumeuse seulement sur les trois-quarts de la longueur.» Ceci montre comme cette jeune race n’avait pas l’uniformité du type. L’uniformité morphologique recherchée de nos jours dans les rings d’expositions va beaucoup plus loin que celle recherchée avant que ne soit fondé les clubs de race, avec les Livres des Origines “fermés”. L’uniformité recherchée dans la vieille Russie, était celle de la performance. Dans le “Borzoi International” du printemps 1993, P.M. Semchenkov écrit: «Tous les experts et les éleveurs dévoués devraient comprendre, que la race des lévriers Russes n’a jamais eu et n’aura jamais l’uniformité morphologique, comme celle que l’on peut voir dans beaucoup de race Européenne. Une qualité, caractéristique à toutes les races d’origine Russe, est la pluralité des types dans une race donnée.» En 2000, Budiansky dit: «D’un point de vue purement mathématique, il est très difficile de s’opposer aux “esprits étroits” qui recherchent un lot de critères purement esthétiques, beaucoup d’éleveurs ont été trop loin dans cette voie du paradoxe, définie par l’ensemble “uniformité-diversité.»

En 1891, “Czar” a fugué. Voici la description qui en fut faite dans un journal local, pour retrouver sa trace: «C’est un chien blanc, avec les flancs gris et le bord des oreilles couleur citron. Celles-ci sont petites et sont portées comme celles d’un Greyhound; la tête lisse, est plutôt lourde pour un Barzoï. Les yeux sont de couleur noisette. La fourrure est longue, soyeuse comme celle d’un Setter. Les avant-bras ont une frange, ainsi que la queue. Une de ces jambes arrières ayant subi une fracture de l’os, porte un cal bien discernable à l’intérieur du membre, juste au-dessus de la jointure du jarret. Il mesure 73.6 cm au garrot.» Suite à cette annonce, “Czar” fut retrouvé et est retourné chez Monsieur Hacke. En 1891, Monsieur Hacke n’avait pas moins de 14 Barzoïs. Une de ses femelles importées, avait été produite par Monsieur Tchelichtcheff. Nommée “Prokaza”, elle gagna 250$, à une chasse au loup et obtint la médaille d’argent, à la grande Exposition Canine de Saint Petersbourg, en 1889. Elle fut saillie par “Ataman”, appartenant à Nikolaï A. Boldarev. Le 8 octobre 1890, à l’élevage de Monsieur Hacke, elle mit au monde 11 chiots. “Ataman”, descendant des lignées de chasse de Perchino, fut aussi le géniteur de quelques Barzoïs, importés aux USA. Rappelons que Nikolaï A. Boldarev, était l’oncle d’Artem Boldarev. Nous verrons plus loin, que beaucoup des importations faites aux USA et en Europe, provenaient de chez Nikolaï A. Boldarev.

"Zloeem"
Qui appartenait à Paul Kacke

Placer ici l’illustration: Zloeem” appartenant à Paul Hacke.

Beaucoup des chiens de Monsieur Hacke étaient couverts de cicatrices et avaient subit moult blessures, lors de chasse au loup. Un de ses chiens, “Zloeem”, produit par le Prince Galitzine, né le 1er mai 1888, gagna la médaille d’or à un coursing au loup, à Saint Petersbourg. Il avait une patte faible, causée par un orteil cassé (mal soigné ?). “Zloeem” mesurait 73.6 cm au garrot.

Pourtant “Zloeem” laissa échapper un loup lors d’une chasse dans le Colorado. Roger D. William, en 1895 note: «Jamais pendant mes observations, je n’ai vu une aussi mauvaise prestation d’un lévrier.» Le père de “Zloeem” était “Onoran”, issu "d’Oudar", hors de "Roussalka III". Sa mère était "Iskra", issue de "Tchorkaï", hors de "Pobeda". Dans le numéro du 28 avril 1892, “Forest and Stream” déclare: «Monsieur Hacke voulut établir, un chenil au Colorado, pour ses Barzoïs. Dans le but d’élever la qualité de l’entraînement de ceux-ci, afin d’affronter le plus formidable des gladiateurs; le loup gris. Les chiens qui sont produits et élevés au Colorado, ont l’avantage d’être acclimatés à l’environnement qui sera leur lieu de travail.»

Voici une liste de chien importé en une fois par Monsieur Hacke, en 1891.
“Abreck”, mâle blanc, avec une cicatrice sur la jambe arrière gauche (morsure de loup).
“Viewga”, une femelle blanche, avec des oreilles couleur citron.
“Oudov”, mâle blanc, avec des reflets citron clair.
“Viola”, femelle blanche, avec les oreilles, le front et le côté gauche du corps roux et une tache rousse sur le côté droit.
“Pospeck”, grand mâle blanc, avec des reflets citron.
“Zanoza”, femelle blanche, avec une tache rousse sur la queue et sur chaque flanc, les deux oreilles rousses. Deux cicatrices sur le museau (morsure de loup).
“Armeda”, femelle blanche, les oreilles bringées claires et une tache bringée sur la queue. Une tache noire sur le dos.
“Ospec. mâle bringé et blanc, gueule blanche et qui est de l’ancien type “Gustopvaya”.
“Osmadee”, mâle bringé et blanc, la tête et les oreilles bringées, un côté du museau blanc.
“Karaï”, mâle blanc, avec des oreilles citron et une zone citron clair sur le côté droit.

Une histoire farfelue raconte, que Monsieur Hacke aurait acheter la totalité de la meute du Grand-Duc George Michaelovitch. Le Grand-Duc aurait perdu les faveurs du Tsar, en épousant une dame d’honneur de la mère du Tsar. A cause de ce revers de fortune, le Grand-Duc aurait du se séparer de sa meute et vendre la totalité de ses Barzoïs. Hacke aurait importé, 75 chiens aux USA. Je n’ai pu trouver aucune preuve de l’authenticité de cette histoire. Une importation de cette importance aurait laissé des traces. Il y avait un Grand-Duc Michaelovitch, mais celui-ci épousa une princesse Grec, en 1907.

Dans son livre “The Complete Borzoi” Lorraine Groshans dit des chiens de Hacke: «Beaucoup moururent en transit.» C’est inexact, en fait deux seulement moururent, parce qu’ils furent malmenés, sur les docks en Russie.

William Wade
Un autre importateur fut Monsieur W. Wade. Plusieurs livres disent que Monsieur Wade fut le premier Américain qui importa des Barzoïs, mais en fait il fut le troisième, pour le moins. En 1889, Wade a écrit le chapitre sur le Barzoï, dans le “Livre Américain du Chien (American Book of the Dog)”, ainsi que sur les entrées du Lévrier Russe dans le Livre des Origines du Club National du Greyhound (National Greyhound Club), en 1891. Monsieur Wade, en association avec Messieurs Fellows et Wixom, était le propriétaire du chenil “Hornell-Harmony”. Il faisait partie des premiers importateurs qui ne voulaient pas utiliser les Barzoïs à la chasse. Il importait principalement pour la revente. Il dit dans le périodique “Forest and Stream”, du 9 mai 1889: «J’aimerais “pousser” la race. Les circonstances ne me permettant pas d’en faire l’élevage, sinon je le ferais immédiatement, car ce sont les plus beaux chiens que je n’ai jamais vu… Pour être honnête avec vous, j’ai essayé d’anticiper le marché en faisant une commande en Angleterre et ceci est le privilège d’une insertion gratuite. Je n’ai pas l’intention de garder les chiens pour moi. Je connais une personne de toute confiance qui prendra soin de cette partie du marché.» Il pensait que le Barzoï ne pouvait être d’aucune utilité aux USA et il écrit dans “Forest and Stream” du 20 Mars 1890: «L’utilisation des lévriers Russe est “de ne pas les utiliser”. Ils ne sont que des chiens d’ornement (sic) et, pour cela il n’y a pas d’autres chiens qui soient leurs pairs. Qu’ils soient des “articles de fantaisie”, est démontré par le prix demandé à la vente.» Un des premiers chiens de Monsieur Wade, était une femelle nommée "Elsie". Même si elle ne fit jamais le voyage vers les USA, celle-ci était la propriété de Monsieur Wade, quand elle fut saillie par "Krilutt" et mit au monde ses chiots en Angleterre. Wade ne connaissait pas le Barzoï et de ce fait, il commanda en Russie des articles parus dans des publications de chasse et les fit traduire pour les publier en Anglais. Ceux-ci furent publiés dans des périodiques sur la chasse, aux USA, à la fin des années 1880. Ce qui fut une grande aide pour les amateurs du Barzoï d’alors et d’aujourd’hui.

"Elsie"
Femelle Barzoï qui appartenait à Monsieur W. Wade

La Duchesse de Newcastle
La Duchesse de Newcastle, bien que de nationalité Britannique, participa activement à l’importation du Barzoï aux USA. Très tôt ses connaissances de la race s’affirmèrent. En 1891, elle fit un voyage en Russie, où elle rencontra le Grand-Duc Nicolas Nicolaievitch de Perchino et le Prince Galitzine, de la Cwhasse Impériale. Lors de ses discussions avec le Grand-Duc, la Duchesse a appris le bon du mauvais chez le Barzoï et par la suite acquis plusieurs spécimens du Grand-Duc et de Nikolaï A. Boldarev. Toujours pendant son voyage , elle acheta “Nagrajdaï” II au Colonel Tchebishev. Nikolaï A. Boldarev, parle de ce chien comme étant presque “parfait et la Duchesse d’ajouter: «Jusqu’à présent, je n’ai jamais vu un chien aussi large, vu de face, il a une poitrine bien profonde et des épaules magnifiques. L’arrière main est parfaite , avec des jarrets bien solide et au cours des exercices, il se déplace avec aisance, sans effort.» La largeur entre l’avant main, est une caractéristique du Barzoï Moderne. “Nagrajdaï” II était le petit-fils de “Nagrajdaï”, qui à cette époque fut le seul Barzoï, d’après la Duchesse, à avoir gagné la médaille d’or, au travail en solo. Elle écrivit dans le numéro du 31 décembre 1891 de “Forest and Stream”: «Les juges anglais ruineront très vite cette race, s’ils refont un standard. Ils sélectionneront des animaux (pas des chiens), aussi inutiles que le Grand Saint Bernard, simplement en essayant d’en faire des éléphants. En Russie, ils ne considèrent pas la taille, comme étant primordiale. Ils considèrent comme essentielle, la symétrie de la morphologie et la vitesse pour la chasse. La taille moyenne est de 16 à 18 vershoks (71.1 cm à 80 cm), au-delà les chiens perdent cette symétrie, si chère et la vitesse, très prisée pour la chasse.» Elle écrivit cet article après sa rencontre, avec le Grand-Duc. Elle acheta à celui-ci, des chiots issus de “Podrooga II”, de D. Waltzoff et de “Ataman” de Nikolaï A. Boldarev, les deux chiens venant des lignées de Matchevarianov. “Ataman” est le même chien qui saillit la femelle “Prokaza” de Monsieur Paul Hacke. De cet achat, la Duchesse céda 3 chiots, à Monsieur H.W. Huntington, aux USA. Un des mâles qu’elle garda, fut “Oosla”. Ce même accouplement produisit une femelle, “Rosaïda” qui resta en Russie et qui fut l’arrière grand-mère “d’Almas”, le père de “Bistri” de Perchino. Veuillez vous référez au pedigree “d’Almas” ci-dessous. “Bistri” de Perchino, fut l’un des chiens que Joseph B. Thomas importa de Russie et qui fut considéré comme le meilleur Barzoï d’alors, aux USA. Joseph B. Thomas disait de “Bistri”: « Ce chien est de l’ancien type et le seul à avoir été exporté de Russie.» Maintenant la boucle est fermée et nous savons d’où proviennent ces chiens.

La Duchesse de Newcastle

Pedigree "d'Almas" de Perchino
"Golub"
Chasse de Perchino
"Tscharodyeï"
Chasse du
Prince Vassiltschikov
"Sverkai"
Chasse du Prince Vassiltschikov
(Leekhoï et Lekftodeyka étaient
frêres et soeurs à l'elevage Seacroft)
"Ryesvy"
Chasse du Prince D.B. Golitzine
"Lebyedka I"
Chasse de S.S. Kareyev
Raskida II
Chasse du Prince Vassiltschikov
"Nayan"
Chasse du Comte S.A. Strogonov
"Lebyedka I"
Chasse S.S. Kareyev
"Golubka"
Chasse de S.W. Ozerov
"Ataman"
Chasse de Dmitri Waltzov
"Aspid"
Chasse de Dmitri Waltzov
"Sudorka"
Chasse de W.P. Glebow
"Almaska"
Chasse de S.W. Ozerov
"Liebed"
Chasse de Dmitri Waltzov
"Golubko"
Chasse de A.J. Nikolayev
"Strela"
Chasse de Perchino
"Serdetschny"
Chasse de P.J. Durasov
"Naglaty"
Chasse de P.N. Lorotugev
(Krilutt de la même portée,
fut importé en Angleterre
et accouplé à Elsie)
"Dorogaï"
Chasse de Nikolaï A. Boldarev
"Nagla"
Chasse de M.P. Kororuyev
"Druschba I"
Chasse de P.F. Durasov
"Dorogaï"
Chasse de P.F. Durasov
"Jasva I"
Chasse de Nasoryev
"Vyuga"
Chasse de J.P. Sokolov
"Kaïsad"
Chasse de Memirowshy
"Nachal II"
Chasse de W.A. Scheremetyev
"Krosotka"
Chasse de Nemirowsky
"Rosaïda"
Chasse de J.P. Sokolov
(Argoss, Oudar, Pogwal,
appartenant à Huntington et,
Osslad appartenant à la
Duchess de New Castle,
étaient de la même portée)
"Ataman"
Chasse de Nikolaï A. Boldarev
Produit par D. Waltzoff
"Podrooga II"
Chasse de Dmitri Waltzov

Plus tard, la Duchesse importa la femelle “Tsaritsa”, de Nikolaï A. Boldarev. Cette femelle est issue des lignées de Boldarev, d’Ermolov et de Matchevarianov (veuillez voire le pedigree de “Tsaritsa”). Son arrière grand-père, du côté du père, était “Zavlada”, qui fut aussi importé par la Duchesse. “Zavlada” était le frère de “Kidaï Molodoï”. Cette femelle, fut le premier Barzoï sans marquage bringé-gris, acheté par le Grand-Duc pour Perchino. Cette chienne lui fut cédée par Nikolaï A. Boldarev. Ses parents furent sélectionnés par Dmitri. Waltzoff. La lignée du côté du père est principalement d’Ermolov. “Marksman” était le frère de “Tsaritsa” et fut importé aux USA. Nous parlerons de lui, plus bas dans l’article. En 1892, la Duchesse de Newcastle était déjà devenue la propriétaire d’un cheptel de 50 Barzoïs.

"Tsaretsa" en 1901

Pedigree de "Marksman" et de "Tsaretsa"

"Pilaï"
Chasse de Nikolaï A. Boldarev
"Podar"
Chasse de Nikolaï A. Boldarev
"Podrouga"
Chasse du Prince Obolensky
"Pilaï"
Chasse de Nazimov
"Lirotka"
Chasse du Prince Obolensky
"Porojaï"
Chasse de Protassiev
"Kidaï I"
Chasse de Protassiev
"Kolpitsa"
Chasse de Protassiev
"Zavlada"
Chasse de Nikolaï A. Bolderov
(Importé en Angleterre par la
Duchess de Newcastle.
Kidaï Molodoï de la chasse Perchina vient de la même portée.
"Almas"
Chasse de Dmitri Waltzov
"Kidaï II"
Chasse de Protassiev
"Podrooga"
Chasse du Prince Obolensky
"Kolpitza" 
Chasse de Dmitri Waltzov
"Porojaï II"
Chasse de Dmitri Waltzov
"Loukavka"
Chasse d'Ermolov
"Kolpitsa"
Chasse du Prince Vassilchikov
"Svirep"
Chasse de Kariev
?
?
?
?
?
?
"Lebedka II"
Chasse du Prince Vassilchikov
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?
?
?
?
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"Krilutt"

H. W. Huntington
H.W. Huntington fut le propriétaire de l’élevage de Greyhound Marlborough. Il fut juge de coursing et d’exposition. Chasseur aussi, il s’intéressa aux Barzoïs pour le coursing. Ses trois chiens, acheté à la Duchesse de Newcastle, qui les importa de Russie, furent “Pagwal”, “Oudar” et “Argoss”. “Argoss” gagna la médaille d’argent à la chasse au loup, en Russie. Il devint le premier Barzoï champion Américain et International. Il gagna pas moins de 58 récompenses, pendant son existence. “Oudar” mesurait 76.2 cm et pesait 47.6 kg. Monsieur Huntington fit l’acquisition à Monsieur Wade, de la portée complète produite par “Krilutt” x “Elsie”. Deux chiens de cette portée furent les premiers à être enregistré à l’AKC (American Kennel Club). “Elsie” mesurait 68.6 cm au garrot. “Krilutt” naquit le 27 avril 1888. Il gagna la médaille d’argent en Russie et fut importé en Angleterre où il devint le premier Barzoï champion anglais. Le “Dog Owner’s Annual” lui attribuat les mensurations suivantes: Taille au garrot 76.2 cm, pour un poids de 45.3 kg. Quand “Krilutt” fut présenté au “Palace Alexandra”, les commentaires dirent que celui-ci était le plus grand des chiens de sa classe. Rawdon B. Lee écrivit en 1893, à propos de la taille de “Krilutt”. «Le Capitaine Graham m’a dit, qu’il avait mesuré “Krilutt”, plusieurs fois, avec attention et n’a jamais trouvé plus de 73.7 cm, tandis que moi je l’ai mesuré à 76.2 cm.» De nos jours, “Krilutt” serait considéré comme un petit Barzoï, selon le standard en vigueur, mais à cette époque il fut considéré comme plus grand que la moyenne. Le père de “Krilutt” était “Dorogaï”, la propriété de Nikolaï A. Boldarev, des lignée de Waltzoff. Sa mère était “Nagla”, appartenant à Ermolov, des lignées de Matchevarianov. La même sélection produisit “Naglaty”, un arrière grand-père “d’Almas”, le père de “Bistri”. Ce chien fut importé aux USA, avant les importations de 1903, faites par Joseph B. Thomas. De nouveau, référez-vous au pedigree “d’Almas”. Monsieur Huntington importât aussi, “Zerry”, en provenance de l’Allemagne.

"Zerry"
Coll. privée de Gwen & Paul Post

Lorraine Groshans dit dans son livre. “The Complete Borzoi”, 1981: «L’intérêt de Monsieur Huntington, ne dura pas longtemps et rapidement, il délaissa le Barzoï au profit de sa race de prédilection, le Greyhound.» Ceci est vrai. Huntington vendit tous ses Barzoïs en 1894, au chenil “Terra Cotta”, au Canada. Mais, nous montrerons que ses chiens perdurèrent.

"Argoss"
Coll. privée de Gwen& Paul Post

Le chenil “Terra Cotta”
Le chenil, qui était aussi spécialisé dans le Greyhound, appartenait à Messieurs W.J. Tulk et Kent. Monsieur Kent était le Président du Club des Chenils Canadiens et plus tard, devint le premier Vice-président du Club du Lévrier Russe Américain. Ils importèrent un certains nombre de spécimens de Nikolaï A. Boldarev, dont “Ataman IV”, qui obtint la médaille d’argent, à Moscou en 1892. On disait de ce chien, «qu’il était “fort et puissant”.» Une autre importation qu’ils firent, fut une femelle, du nom de “Biddy Rees”. Son père était “Ataman”, appartenant à Nikolaï A. Boldarev et sa mère était “Outschiska”, appartenant à Monsieur Rousseau1. “Outschiska”, aurait été le seul Barzoï vivant qui ait gagné la médaille d’or du Club des Chenils Russes. Son père était “Ataman”, qui a sailli la femelle “Prokaza”, de Monsieur Paul Hacke et qui fut aussi le père “d’Argoss”, dont la sœur “Rosaïda” est présente dans le pedigree de “Bistri”. Le chenil “Terra Cotta” eu aussi, quelques spécimens de la Duchesse de Newcastle. Quelques chiens “Terra Cotta”, furent utilisés plus tard par l’élevage “Valley Farm” de Joseph B. Thomas. Le premier Barzoï à être enregistré au livre des origines canadien, fut “Kernishky”, un chien provenant du chenil “Terra Cotta”. Son père était “Barin” et le grand-père “Opromiot”, appartenant à Nikolaï A. Boldarev. Le chenil “Terra Cotta” enregistra aussi des chiens au livre des origines américain.

Le Colonel Roger D. William
Le Colonel Roger D. William était juge de coursing et d’exposition. Il fut aussi responsable, de la table des reproducteurs du Comité National du Greyhound de Coursing, pendant les deux premières années de son existence. En plus, il était un chasseur et un éleveur passionné. Il eu “Kaluga” par “Philos” hors de “Modjeska” (Modjeska faisait partie de la portée par “"Krilutt" x “"Elsie"”) et, “Flovidka”, par “Colonel Dietz”. “Colonel Dietz” était le fils de “Leekhoï” de l’élevage “Seacroft” et il fut introduit dans les lignées de l’élevage “Valley Farm”. Le Colonel William mit les moyens pour obtenir les meilleures performances de ses chiens et les obtint.
Placer ici l’illustration: “Modjeska” en 1894

Dans son livre “La chasse au Grizzly”, Theodore Roosevelt, Président des Etats Unis, écrit en 1893: «Le Colonel Roger D. William, de Lexington, dans le Kentucky, est le citoyen américain le mieux placé pour parler du coursing et particulièrement au grand gibier. Comme un vrai fils du Kentucky, le Colonel William, a élevé ses propres chevaux et chiens de sang pur pendant de longues années. Et, lors de nombreuses chasses, pendant 25 ans, il a utilisé sa meute sur tous les gibiers, depuis les montagnes Rocheuses, jusqu’aux grandes Plaines.» A l’exposition de “Grand Rapids”, en 1892, le Colonel William jugeait les Greyhounds et les Foxhounds. A cette occasion, il montra un de ses Barzoï. R. Water écrivit à propos de ce chien: «Il n’y avait qu’un seul Barzoï et seulement en exposition. Il appartenait à Monsieur Roger D. William, qui l’avait magnifiquement entraîné. Les muscles sont très bien développés et très durs sous la fourrure. Démontrant que le “Psovoï” peut être entraîné à la perfection.» Plus tard le Colonel Roger D. William, tourna son intérêt vers la race des Foxhounds et la chasse au renard.

Le Général Henry T. Allen
Une personne pratiquement inconnue, mais qui fit beaucoup pour la cause du Barzoï aux USA. Enfant, le Général Allen fut élevé au milieu de chien de chasse. Au début des années 1880, en poste à “Fort Keogh”, dans le Montana, il avait une meute de Greyhound et chassait avec eux. Heath Twichell jr. parle du Général, dans son livre “Allen, la biographie d’un officier de l’armée”, édité en 1974: «Pendant son temps libre, il explorait les 144 km2 de la réserve de Keogh. Sa meute de Greyhound l’accompagnait pour chasser du lapin, des coyotes et des antilopes, dans les bosquets de roseau, le long de la rivière, jusque sur les hauts plateaux.» Dans une lettre à sa future femme, Allen lui disant. «J’ai eu une magnifique saison de chasse cet hiver. En fait, j’ai capturé avec mes lévriers, des lièvres, des coyotes, des cerfs et des antilopes. J’ai une splendide meute, 7 chiens en tout.» Allen fut transféré au fort Walla Walla, dans l’état de Washington, sa passion du coursing lui avait causé quelques ennuis. Twichell écrivit en 1974: «Une fois il fut condamné aux corvées, car lors d’une sortie, il s’éloigna de la colonne pour chasser l’antilope avec sa meute.» Allen continua de pratiquer le coursing autour du fort Walla Walla jusqu’en 1885, quand il partit explorer l’Alaska pour le compte de l’armée. Pendant son séjour dans le grand nord, il développa un intérêt pour la Russie et ses habitants.

Dora & Henry T. Allen
Illustration tirée du livre "Allen, la biographie d'un officier de l'armée

En 1889, il fut envoyé en Russie, comme attaché militaire à la cour du Tsar Alexandre III, à Saint Petersbourg. Titulaire du grade de lieutenant lors de cette affectation, il se fit des amis parmi les membres de la famille du Tsar et fut convié à plusieurs chasses impériales. Après la chasse, il y avait souvent des banquets avec beaucoup de convives. Allen, dans une lettre à sa femme lui parle d’un de ces banquets: «Aujourd’hui, c’est le jour du banquet de gala. Sont présent; Monsieur Ponamareff, sa fille et son gendre, les Malakov, la jeune femme en visite (la chanteuse tzigane, dont je ne connais pas le nom), l’Oncle Ponamareff, Alexander Dietz, Vladimir Dietz et le Général Grundwald, commandant de la cavalerie de la garde. Il y a aussi le Prince Golystin et moi-même… Le menu comportait cinq plats et la guitare du jeune P., avec le chant de la jeune femme offrit un accompagnement épicé avec le café et les cigarettes. Pendant le banquet il fut consommé; 5 bouteilles de champagne, 4 bouteilles de bière, 2 bouteilles et demi de cognac, 2 bouteilles et demi de madère, 1 bouteille de vin rouge et 4 de blanc, les 3/4 d’une bouteille de whisky et 4 grands samovars d’eau, Alexander Dietz et moi-même, nous avons bu très modérément, comme le firent une ou deux des dames présentes. Par contre le reste des invités s’engagèrent dans la plus grande beuverie, qu’il m’ait été donnée de voir, particulièrement encouragés par ces dames.»

Charles Stedman Hanks
En 1889, Charles Stedman Hanks, en compagnie de son épouse rendit visite à Saint Petersbourg, à son cousin, le Lieutenant Allen. Monsieur Hanks était le propriétaire de l’élevage “Seacroft”. Son fils Stedman Shumway Hanks écrivit, en 1960 dans son livre, “Le Barzoï, Le plus noble des lévriers”2 ,à propos des deux hommes: «Monsieur Hanks et le Général avaient l’enthousiasme pour toutes sortes d’activités sportives; le Barzoï étant leur préférée.» Ces deux hommes appréciaient grandement le coursing et préféraient les chiens de travail. Monsieur Charles.S. Hanks prit avec lui au retour ou se fit envoyé en 1890, sept lévriers Russe. En plus, il reçut en cadeau des Barzoïs de la chasse Impériale, de la part du Prince Galitzine. Un de ces chiens fut “Kinjat”, qui gagna la médaille de bronze en 1891. Il acquit aussi d’autres chiens de différentes sources. On disait: «Monsieur Hanks avait attrapé la fièvre du Barzoï, pendant son séjour en Russie.» Il obtint des chiens, du Grand-Duc Pierre Nicolas, du Prince Galitzine et du Colonel Dietz et de A. Schermetieff. Il sera donné plus tard, le nom “Colonel Dietz” à un Barzoï. En 1906, Joseph B. Thomas dit: «Que Schermetieff avait 50 Barzoï de “l’ancien type” et que sa meute était une des trois de ce type qui existait, avec celle du Grand-Duc Nicolas à Perchino et celle de Nikolaï A. Boldarev.» Une femelle, “Sovdka”, acquise par Hanks à A.J. Rousseau, fut saillie avant son départ de Russie, par “Ataman”, appartenant à Nikolaï a. Boldarev. Deux autres chiens importées par Hanks, furent “Leekhoï” et sa sœur de portée “Lekftodeyka”. Leurs parents étaient “Ryesvy” x “Lebyedka I”. Le même accouplement produisit “Sverkaï”, un arrière grand-père “d’Almas”, le père de “Bistri” et ceci fournit une autre occasion de démontrer la relation de sang, entre les différentes importations de cette époque. La chienne “Lekftodeyka”, importée par Joseph B. Thomas, gagna la médaille d’argent à un coursing, à Moscou, sur 52 chiens participants.

Plus tard, Monsieur Hanks importa le mâle “Marksman”, un frère de “Tsaretsa” appartenant à la Duchesse de Newcastle.

"Marksman"
Coll. privée de Gwen & Paul Post

Comme montré plus haut, le sang de “Marksman” provient de Perchino. Plus tard, “Marksman” fut utilisé dans l’élevage de “Valley Farm”. Un fils de “Marksman”, “Valley Wer Wolf” et une fille “Valley Ku Klux” furent utilisés plusieurs fois à l’élevage “Valley Farm”. Monsieur Hanks devint un fin connaisseur du Barzoï et des élevages en Russie. Il connaissait les chiens du Grand-Duc Nicolas, le présentant comme le meilleur éleveur en Russie. L’élevage “Seacroft” et Monsieur Hanks envoyèrent des Barzoïs au fort Custer, où ils furent utilisés pour la chasse au lièvre, au loup et au coyote. Un des chiens envoyé était “Groubian” et celui-ci sailli une femelle faisant partie de l’envoi , qui eu une portée au fort.

"Groubian" en 1893
Photographié dans le livre "Kennel Secrets"

Quand le lieutenant Allen rentra aux USA, il prit avec lui deux Barzoïs au fort Riley, au Kansas. Il avait aussi avec lui, trois Barzoïs de l’élevage “Seacroft”. Le lieutenant Allen disait de ses chiens: «Je n’aurais pu trouver meilleurs chiens en Russie, que ceux de l’élevage Seacroft”.» Plus tard, un chien qu’il utilisa comme reproducteur pour ses propres besoins, fut aussi utilisé par l’élevage “Valley farm”. Stedman S. Hanks dit en 1960, du Lieutenant Allen et du coursing: «Il commença à pratiquer ce sport activement autour du fort Riley. Twichell écrivit à propos d’Allen, en 1974: «Avec trois excellents chevaux, acquis au Kentucky et sa meute de 4 Greyhounds, 5 Foxhounds et 5 Barzoïs (ceux-ci ramenés de Russie), il était indiscutablement le meneur de l’équipe sportive du fort. Il fonda un club de Polo et fut élu maître de meute de la troupe du club d’équitation.» Il pratiqua la chasse activement, en compagnie du lieutenant Gordon Johson, du commandant McDonald et du lieutenant-colonel Treat. Ils chassèrent le lièvre, le coyote et le loup. Par la suite, Allen fut transféré en Europe où il commanda la 90ème division, en France, pendant la première guerre mondiale. A la fin de la guerre, il devint le commandement des forces Américaines d’occupation en Allemagne.

En octobre 1892, Monsieur Hanks s’assura les services de Tom Turner pour gérer l’élevage “Seacroft”. Hanks devint insatisfait de ses Barzoïs et suite à des expériences malheureuses en exposition, dont la mort de son chien favori “Leekhoï” d’un coup de chaleur, il cessa de montrer ses chiens en exposition et céda l’élevage au gérant Tom Turner.

"Leekhoï"
Photo publiée dans le livre "Le Barzoï, le plus noble des lévriers" de Stedman S. Hanks

Pendant cette période, une opinion prévalait en Angleterre qui voulait que, les éleveurs anglais avait “amélioré” la race du Barzoï, au-delà de ce qu’avait accompli les éleveurs Russes. H.W. Huntington écrivit dans le magazine “Outing” du mois d’août 1898: «En fait, les Russes, par négligence ont tellement dégénéré la race, qu’un de nos amateur éclairé, venant d’Allemagne, lui-même juge, prétend que pour avoir de beaux spécimens, il faut se tourner vers l’Allemagne et l’Angleterre.» Ils (les anglais) pensaient que les Russes, ne connaissaient pas les points essentiels et correctes de la race. Quelle arrogance, en considérant que ce sont les Russes, qui ont déterminé les caractéristiques correctes et essentiels du Barzoï. Quelques personnes pensaient aussi, que le standard Russe était incorrecte, comme l’écrivit H.W. Huntington, dans son livre “Le chien d’exposition (The Show Dog)”: «Le standard utilisé par les Russes, pour juger cette race, est tellement insatisfaisant, que les amateurs d’Angleterre ont judicieusement établi leur propre standard et s’il n’est pas parfait, il remplira son office correctement, pour peu que celui-ci soit étroitement suivi, et améliorera grandement la race.»

Tout le monde ne partageait pas cette opinion! Charles Stedman Hanks qualifiait les chiens Européens: «Qu’ils sont plus des Barzoïs de chenil, que des chiens de travail. Ils possèdent le charme, la beauté et les caractéristiques de la race, mais ils leur manquent la vigueur nécessaire pour être des chiens de travail.» L’encyclopédie Canine, éditée à Paris en 1955, mentionne: «Le type anglais a été modifié pour faire sortir l’aspect beauté, tout en diminuant la résistance physique.» L’encyclopédie Hutchinson du Chien déclara à propos du Barzoï anglais: «La magnifique tête du Barzoï devint l’obsession des éleveurs et ils sélectionnèrent les sujets en fonction de celle-ci, sans considérer les autres parties du chien. Ils obtinrent des chiens avec des têtes magnifique mais, posées sur des corps difformes. La race devint pauvre génétiquement et perdit rapidement du terrain.» Il n’y avait pas de club du Barzoï aux USA, jusqu’en 1904 et jusque là l’influence de l’Angleterre était grande. Cette insatisfaction sur l’évolution de la race, en Angleterre, sans la pression sélective de l’utilisation du chien au travail, contamina l’Amérique et ici aussi, l’attrait pour la race diminua pour presque disparaître. A ce moment Roger D. William avait délaissé la race au profit des Foxhounds, H.W. Huntington avait vendu tous ses Barzoïs et Hanks avait abandonné le Barzoï, après la mort de “Leekhoï”. La baisse de popularité était telle, qu’il ne restait pratiquement plus que Tom Turner, de l’élevage “Seacroft” pour présenter des Barzoïs en exposition.

L’entrée en scène d’un jeune homme enthousiaste
Par la suite un jeune homme enthousiaste entra sur la scène du Barzoï. C’était Joseph B. Thomas. Thomas se lia d’amitié avec Charles Stedman Hanks et le Général Allen (à cette époque il était major). En 1960, Stedman Shumway Hanks dit que sont père et Monsieur Thomas pensaient: «Qu’actuellement, le Barzoï américain, manque de résistance et de puissance pour la chasse.» Monsieur Thomas apprit tout sur le Barzoï, en compagnie de Monsieur Hanks et du Général Allen. Le Général et Thomas développèrent une étroite relation d’amitié et en 1912, le Général persuada Thomas d’écrire son livre “Une collection de lettre à un ami”. Cet ami était le Général Henry T: Allen. et il écrivit la préface du livre. Le Général avait écrit maints articles sur le Barzoï et des descriptions sur l’utilisation de celui-ci à la chasse en Russie. En 1899, Monsieur Thomas et d’autres investisseurs, fondèrent l’élevage “Valley Farm” et se mirent en quête de spécimen de départ. Thomas avait commençé en fait, en 1898 à s’intéresser au Barzoï. Monsieur Hanks donna l’ordre à son gérant Tom Turner, de vendre à l’élevage “Valley Farm” le meilleur Barzoï de l’élevage “Seacroft”. Monsieur Thomas alla aussi au Canada et obtint au minimum un Barzoï de l’élevage “Terra Cotta”. Ainsi, partiellement le cheptel de fondation de l’élevage “Valley Farm” descend des premiers Barzoïs importés aux USA, en provenance de Nikolaï A. Boldarev, de la Duchesse de Newcastle et de l’élevage Impérial Russe. Ceci démontre que les premières importations ont eu une influence sur le Barzoï américain actuel, en plus des importations tardives.

Thomas n’était pas impressionné par les Barzoïs allemands, importés par Monsieur Krauss et dit de ceux-ci. en 1912: «Ces chiens ont des têtes correctes et une belle fourrure, mais, ils ont été élevés au chenil pour plusieurs générations et il me semble qu’ils manquent de vigueur. Beaucoup d’entre eux manquaient de substance, même s’ils étaient beaux à voir.» Monsieur Thomas était plus intéressé par un chien de travail, comme le furent le Général Allen et Monsieur Hanks. D’après Aatis Lillstrom qui écrivit dans le “Borzoi Quarterly” de l’été 1983: «L’allemagne possédait maintes importations directement de l’élevage Oseroff.» Comme nous l’avons vu, Oseroff élevait en collaboration avec Dmitri Waltzoff, Sokoloff et Nikolaï A. Boldarev pour affiner le travail d’Ermolov et de Matchevarianov, sur le Barzoï Moderne. Mais Thomas n’alla jamais en Allemagne.

En 1903, “Valley Farm” avait 35 Barzoïs. Beaucoup de ceux-ci sont les descendants directs des élevages “Seacroft” et “Terra Cotta”. Un des chiens “Seacroft”, “Colonel Dietz” fut utilisé au minimum 4 fois. “Colonel Dietz” était le fils de “Leekhoï”. Celui-ci était un des meilleurs Barzoï de Monsieur Hanks. Avec si peu de Barzoï de travail et quasiment rien en Europe, la frustration s’installa en Thomas et, celui-ci parti pour l’Europe et la Russie, à la recherche de “son Barzoï idéal”. Monsieur Thomas basait cet idéal, d’après la photo d’un chien qu’il avait obtenu de Monsieur Musgrave, agent d’affaire de la Duchesse de Newcastle. Monsieur Musgrave avait plusieurs voyages en Russie pour la Duchesse afin d’acheter des Barzoïs. Malheureusement, Monsieur Thomas commença à appeler son idéal du Barzoï, “l’ancien type”, quoique que celui-ci ait été définitivement du “type moderne”. à savoir le “Psovaya Barzaya”. En Europe, Monsieur Thomas fut déçu de ce qu’il vit et avec son enthousiasme et ses connaissances sur le Barzoï, il se mit en froid avec la Duchesse de Newcastle, ce qui fut à son grand désavantage. La Duchesse était, très certainement, la personne la mieux informée sur la race, en dehors de la Russie et Thomas aurait pu avoir des informations de premier ordre. Celui-ci, en 1912, dit des Barzoïs en Europe: «Bien qu’il exista plusieurs grands élevages en France, en Belgique et en Hollande, ces chiens manquent de classe et d’uniformité dans le type.» Ce manque d’uniformité dans le type, s’explique par le fait que, le “Psovaya Barzaya” était à ses début et comme le dit P. Semchenkov, en 1993: «Le lévrier Russe n’a jamais et n’aura jamais l’uniformité dans le type, caractéristique de beaucoup de race canine Européenne.»

En fait , beaucoup de Barzoïs en Belgique et en Hollande étaient issus des lignées de Nikolaï A. Boldarev et de Dmitri Waltzoff. Itou, en Angleterre, où beaucoup des Barzoïs venaient de l’élevage de Perchino. Aatis Lillstrom écrivit dans le “Borzoi Quarterly” de l’été 1983: «La Gazette des Inscriptions d’Elevage (The Kennel Gazette Registry) mentionne en page 90, le père et la mère de onze Barzoïs élevés en Angleterre entre 1887 et 1891 et, qui viennent de l’élevage du Grand-Duc Nicolas de Russie.»

Monsieur Thomas trouva une femelle en Belgique, qui lui plaisait, Celle-ci venait des lignées de Nikolaï A. Boldarev. En 1912, Monsieur Thomas dit encore des Barzoïs anglais: «L’élevage le plus important d’alors était connu pour ses chiens de grande taille à la fourrure rustique, mais en mauvaise santé, incompatible avec des chiens de travail. Dans les élevages mineurs, il n’y avait que du rebut.» Encore une fois ses recherches se basent sur l’aptitude au travail, au coursing. Thomas ne trouva en Europe que deux Barzoïs qui lui plaisaient et les acheta. Ensuite il prit la direction de la Russie. Initialement, il ne trouva pas ce qu’il cherchait, non plus. Finalement il “apprit” par l’entremise de l’éditeur d’un petit journal sportif, que Monsieur Artem Boldarev avait un excellent élevage et que Son Altesse Impériale, le Grand-Duc Nicolas avait “quelques lévriers”. La chasse du Grand-Duc était établie à Perchino, prêt de Saint Petersbourg3 . Thomas fit la remarque suivante: «que personne, même en Russie, ne semblait être au courant de ce qui pouvait être vu.» Cette remarque de Thomas n’a aucun sens. Le Grand-Duc Nicolas était bien connu dans toute la Russie, en Europe et aux USA, comme un grand sportif et une personne à chien. Ses Barzoïs étaient considérés comme les meilleurs que l’on put trouver et comme démontré précédemment, beaucoup de ses chiens avaient déjà été importés en Europe et aux USA. Edwin H. Morris écrivit dans le numéro du mois d’août, 1890 du “Mensuel Populaire de Frank Leslie (Frank Leslie’s Popular Monthly)”: «”Opromiote” appartient à son Altesse Impériale le Grand-Duc Nicolas et, il a gagné la médaille d’or à Moscou. C’est un splendide spécimen, plein de vigueur, rapide et courageux. Il est considéré par le Prince Galitzine, le commandant de la chasse Impériale, comme le meilleur Barzoï jamais produit.» Ceci se passait 13 ans avant la visite de Joseph B. Thomas. Neuf ans auparavant en 1894, l’ami de Thomas, Monsieur Hanks, avait qualifié le Grand-Duc Nicolas, comme le meilleur éleveur de toutes les Russies. Dix ans auparavant, Le Général Henry T. Allen donnait le qualificatif de “fameux” à l’élevage du Grand-Duc. La Duchesse de Newcastle écrivit en 1898, dans “Nos chiens (Our Dogs)”:«Je crois pouvoir affirmer que le Grand-Duc est l’éleveur le plus enthousiaste de Russie et qu’il possède les meilleurs chiens du moment. Son Altesse Impériale pratiquait l’élevage depuis longtemps, faisant les croisements qu’il jugeait approprié pour atteindre, ce qu’il considérait comme devant être le “type” du Barzoï.» C’était 5 ans avant la visite de Joseph B. Thomas. Pour finir, la renommée de Perchino et du Grand-Duc était déjà fermement établie, bien avant la visite de Thomas en Russie.

Thomas dit: «La première chose qui me vient à l’esprit est: pourquoi les éleveurs anglais et américains ne se sont-ils pas assurés la disponibilité de ces chiens et pourquoi n'avons-nous pas plus entendu parlé d’eux?» Comme nous l’avons vu, beaucoup des chiens de Nikolaï A. Boldarev et de Dmitri Waltzoff, avaient été importés et beaucoup de ceux-ci avaient des liens de sang avec les chiens de Perchino. Veuillez vous référer aux pedigrees que nous avons inclus à cet article et beaucoup fut dit sur ces chiens. Thomas dit ensuite, que ce type “ancien” était indisponible avant 1903. Ceci suggère, que le Psovaya Barzaya “moderne”, de la meute de Perchino était encore un type en progression, au moment de la visite de Thomas en Russie, en 1903.

Le Grand-Duc

Adroite: Le Tsar Nicolas II
A gauche: Le Grand-Duc Nicolas Nicolaievitch

Regardons celui-ci d’un peu plus près et examinons son travail d’élevage à Perchino. Le Grand-Duc Nikolaï Nikolaievitch Romanov (le jeune) était le premier fils du Grand-Duc Nikolaï Nikolaievitch (le vieux). Il était le petit-fils du Tsar Nicolas I et le cousin du Tsar Nicolas II. Le Tsar Nicolas II l’appelait “Nokolasha” et les autres membres de la famille Impériale l’appelait le “Terrible”. On disait qu’il était soupe au lait, égocentrique et le Comte Witte racontait: «qu’il était convaincu que le Grand-Duc, très sûr de lui, était légèrement psychiquement atteint.» Appelé le “Géant” par ses troupes, il fut nommé officier de l’armée en 1872. De grande taille, il mesurait 2.01 mètres et il avait des yeux bleus flamboyants. Il servit pendant la guerre Russo-Turque de 1877 et 1878, il introduisit des réformes au sein de l’armée et il était grandement respecté de la troupe. Le Grand-Duc était un grand “sportif”. Aatis Lillström écrivit dans le numéro d’automne 1984, du “Borzoi Quarterly”. «qu’il fut le Président de la Société pour l’encouragement Sportif. Cette société avait écrit un standard du Barzoï, sous la houlette de l’éleveur et chasseur Yermolov.»

La Grande-Duchesse George disait du Grand-Duc: «Qu’il était un soldat dans l’âme et que la vie sociale lui importait peu. Ses passions étaient la chasse, le tir et, dès que son travail le lui permettait, il partait pour la campagne.» Une fois, le Grand-Duc acquis pour 1500$, le greyhound “Simonian” du Colonel North et après avoir gagné la coupe “Waterloo” russe, il revendit le chien pour 3’625$ au Colonel North. Ses responsabilités militaires l’accaparant complètement, le Grand-Duc vendit, pour la première fois, sa meute entière en 1884, il avait tout juste 28 ans. .A ce moment, il donna son chien “Nagradka” au Tsar Alexandre III. “Nagradka” et toute sa descendance furent utilisées à l’élevage Impérial de Gatchina. Quelques uns de ces descendants furent aussi acquis par la Duchesse de Newcastle. En 1887, le Grand-Duc retourna à Saint Peterbourg et acheta la propriété de Perchino. Il engagea Dmitry Waltzoff comme gérant du chenil. Waltzoff avec d’autres chasseurs, Nikolaï A. Boldarev, Sokolov et S. Ozerov, essayaient de terminer le travail d’Ermolov et de Matchevarianov pour produire le “Barzoï Moderne”. P. Semchenkov écrivit dans le “Borzoï Quarterly” de l’hiver 1992: «Dmitry Waltzoff et Co s’attelèrent à réfuter l’opinion généralement admise que, la combinaison de rapidité et de mordant (combat) était incompatible avec la beauté extérieure.» Leur travail mettait les dernières touches au Barzoï Moderne, le “Psovaya Barzaya”. Avec les énormes ressources financières du Grand-Duc, ils purent mener leurs projets à bien. Il faut dire que la famille Impériale était extrêmement fortunée. Pour démontrer l’opulence du Grand-Duc, Joseph B. Thomas disait: «Presque chaque chambre de la loge était décorée avec les trophées, tiré par le Grand-Duc lors de ses nombreuses chasses. Tous ces trophées étaient régulièrement nettoyés et dépoussiérés par le “fou” du Grand-Duc. Le “fou”, était un nain, mesurant 1,1 mètre et arborant au pouce la chevalière du Seigneur avec les armoiries. Une étrange coutume perdurant depuis le moyen âge.» D. Waltzoff avait à sa disposition toutes ces ressources, pour mener à bien son programme d’élevage.

Barzoïs Modernes du Tsar Alexandre III, en 1892

Le Grand-Duc était très impliqué dans les affaires gouvernementales et militaires de l’Empire. De 1895 à 1905, il fut l’Inspecteur Général de la cavalerie. Ensuite il fut nommé Commandant des forces armées de la région de Saint Petersbourg et le premier Président du Comité Impérial pour la Défense Nationale. A l’ouverture des hostilités de la première Guerre Mondiale, il fut nommé Commandant en Chef des Armées Russes. Une année après, sous la pression de Raspoutine et de la Tsarine Alexandra, le Tsar lui retira cette charge et le nomma Commandant des Armées du Caucase. Poste qu’il occupa jusqu’à son départ pour la France, en 1919. En 1907, le Grand-Duc épousa la Princesse Anastasia, fille du Roi du Monténégro. Ils n’urent pas d’enfants. Le Grand-Duc et sa femme croyaient aux forces occultes, au mysticisme et étaient de fervents adeptes de Raspoutine. C’est la Princesse Anastasia avec sa soeur (l’épouse du frère du Grand-Duc) qui introduisirent Raspoutine à la famille Impériale, en le présentant à la Tsarine. Plus tard, le Grand-Duc en vint à haïr Raspoutine et quand celui-ci offrit au Grand-Duc de venir sur le front , pour dédicacer une icône, le Grand-Duc lui répondit. «Venez et je vous fais pendre!» Le Grand-Duc était une très forte personnalité et on disait, qu’il était plus populaire que le Tsar lui-même. Il y eut même des rumeurs qui colportaient que le Grand-Duc était sur le point d’enlever le Tsar et d’usurper le trône de Russie. Mais en vérité , celui-ci était très attaché au Tsar Nicolas II. Le Grand-Duc faisait grande impression à tous ceux qu’il rencontrait. Donald Thompson était un jeune photographe qui passa du temps en Russie pendant la guerre. Il rencontra le Grand-Duc et dit de celui-ci dans son livre, “Donald Thompson, en Russie, en 1918”: «Le seul homme qui, selon moi, pourrait ramener l’ordre et remettre le pays sur ses pieds est le Grand-Duc Nicolas, l’homme le plus grand de Russie, l’homme que les intrigues Germaniques ne purent corrompre, l’homme qui fut limogé de son poste de Commandant en Chef des Armées Russes et envoyé au Caucase parce que les Allemands, ne pouvaient en venir à bout. Tous les vrais amis de la Russie devraient prier pour voir le jour venir, où le Grand-Duc aux commandes du “rouleau compresseur russe” commencerait son voyage vers le nord, vers la Capitale, avec à sa suite les millions de russes loyaux. Ceux-ci en auraient vite terminé avec les “bolchéviques, les socialistes et les anarchistes.» Le Grand-Duc ne passa que peu de temps à Perchino, à cause de son implication au gouvernement. Dmitry Waltzoff qui était en charge de l’élevage, fit la plupart du travail, et c’est lui qui, en compagnie de Nikolaï A. Boldarev, de Sokoloff et d’Ozerov continua la production du “Barzoï Moderne”, commencé en 1840 par Ermolov et Matchevarianov.

Le Grand-Duc et Dmitry Waltzoff rassemblèrent des Barzoïs de toute la Russie. Avant que le Grand-Duc n’engagea à son service Dmitry Waltzoff, celui-ci avait une première meute où il privilégiât les aptitudes au combat et l’audace. Ce faisant, ses chiens perdirent la vitesse et devinrent inaptes à la poursuite. A Perchino, le Grand-Duc, modifiât ses priorités et privilégiât la vitesse. Comme le dit Waltzoff dans “La Meute de Perchino”, en 1912: «Dans sa première meute, le Grand-Duc, sélectionnât les élevages en fonction de l’audace et des aptitudes au combat des chiens, où la beauté et la régularité des formes étaient fréquemment négligées. Ceci, en fin de compte, affecta la vitesse des chiens et, dans ces conditions, une chasse au loup adulte était impossible. Maintenant, dans la meute actuelle du Grand-Duc, la priorité est donnée à la vitesse, à la pureté des lignées et à la construction du chien.» D’autres éleveurs favorisèrent l’audace et la combativité et comme le dit le Baron Rozen, en 1891: «le coursing intensif au loup, en ignorant le lièvre, ont amené les éleveurs à commettre une erreur primordiale et, celle-ci favorisa la férocité au détriment de la vitesse.» Le “Barzoï Moderne” fut sélectionné principalement pour la chasse au lièvre, la chasse au loup étant une activité annexe et la vitesse devait l’emporter sur la férocité. Si le Barzoï n’était pas capable d’attraper le gibier, son utilité pour la chasse au courre n’avait aucun sens. La vitesse étant devenu un élément déterminant, le Grand-Duc n’hésitait pas à comparer une swora de Barzoï à une swora de Greyhound. Comme l’explique Dmitry Waltzoff: «Derrière le Grand-Duc, se trouve son garçon d’écurie, à cheval, avec en laisse un Barzoï et un Greyhound anglais. pour comparer leur vitesse respective. Pour la chasse au loup une meute de Greyhound était constituée.» Quelques Barzoïs furent utilisés pour la chasse au loup, mais ceux-ci étaient spécialement entraînés et sélectionnés. Les Barzoïs qui chassaient le loup, n’étaient pas des spécimens spécifiques de la race et comme vous l’avez vu plus haut, le Greyhound anglais était aussi utilisé pour la chasse au loup. Les spécimens de Barzoï et de Greyhound individuels, qui étaient sélectionnés pour la chasse au loup étaient appelé des “wolfhounds”. Toutefois ce vocable n’était pas utilisé pour désigner les races du Greyhound et du Barzoï.

Dmitry Waltzoff et le Grand-Duc pensèrent qu’une fois la vitesse obtenue, ils pouvaient sélectionnés les chiens en fonction d’autres points à faire ressortir. Comme le dit Waltzoff, en 1912: «Si on possède déjà un chien particulièrement rapide à la chasse, il n’y a aucun danger de produire un chien moins rapide, pour autant que ce chien soit de race pure, intelligent, de forme et d’un type en accord avec la femelle, qui lui est destinée.» Le Baron Rozen pensait aussi que la vitesse était primordiale et plus difficile à atteindre que toutes les autres caractéristiques de la race, comme il l’écrivait en 1891: « Je pense qu’il est plus plaisant de chasser un loup avec six chiens véloces, que de le chasser avec un seul chien moins rapide mais plus féroce. La férocité est plus facile à sélectionner chez le Barzoï que la vitesse.» La vitesse est la première caractéristique qui fut désirée à Perchino.

Le type préféré du Grand-Duc était celui que présentait les chiens de Durasoff. Les chiens de celui-ci descendaient des chiens de Stupischinsky et de Nasarysev. Les chiens de Nasarysev venaient des lignée de Matchevarianov et d’Ermolov. Ces lignées avaient encore du sang du lévrier des montagnes et étaient considérées du type “moderne”. Une des femelles de fondation de l’élevage était “Vyuga”. Elle est issu de “Raskide” des lignées de Dmitry Waltzoff et de “Kiasak” des lignées de Matchevarianov et d’Ermolov.

Après avoir acquis sa femelle de fondation d’élevage, le Grand-Duc envoya Dmitry Waltzoff acquérir son mâle de départ. En 1912, Dmitry Waltzoff explique: «Le Grand-Duc m’envoya dans le gouvernorat de Simbirsk, au domaine de Durasoff. Là, j’ai acheté “Chodlik III”, un mâle magnifiquement construit. je n’ai vu qu’une fois, en 1876, un chien aussi bien fait. C’était dans la Meute de Matchevarianov et celui-ci s’appelait “Kaïtar”.» Waltzoff décrit “Chodlik III” comme un chien d’environ 76 cm, de taille, d’une largeur exceptionnelle aux épaules et au poitrail, avec un dos bien arqué. Cette ampleur est caractéristique du Barzoï Moderne et pas de l’ancien type. “Chodlik III” saillit “Vyuga” pour commencer l’élevage à Perchino et comme l’avait dit D. Waltzoff: «Ainsi les chiens de Perchino sont issus d’un tronc commun.» C’est à dire des lignées de Matchevarianov et d’Ermolov et celles-ci étaient du type moderne, le “Psovaya Barzaya”. Dmitry Waltzoff dit encore: «Grâce à ces chiens, la meute de Perchino obtint des têtes fines et étroites.» Donc, selon Dmitry Waltzoff, l’intendant et éleveur à Perchino, tous les chiens étaient de sang mélangé et du type moderne, avec la tête fine et étroite qui fut conservée de l’ancien type avant que ne commence l’élevage à Perchino. le Grand-Duc et Dmitry Waltzoff continuèrent d’incorporer du sang Matchevarianov et Ermolov dans les lignées de Perchino. Le résultat de ces incorporations, encouragère le Grand-Duc à poursuivre sa politique d’acquisition des chiens d’Ermolov et de Durasoff à toute occasion. Ainsi fut acquis le mâle “Savladaï” avec des marques rousses de chez Ermolov. Ce mâle produisit avec “Sirotka”, qui était issu de “Serdyetschny”, la femelle “Sorka”. Celle-ci obtint la grand médaille d’or à l’exposition du Jubilé de la Société Impériale de Moscou. Sitôt après, fut acheté “Kidaï” de couleur grise, et demi sang d’Ermolov. Son sang est présent dans les meilleurs chiens de Perchino. Les mâles de chez Durasoff, “Chodlik” et “Krylat” furent aussi achetés pour l’élevage et, donnèrent des résultats probants dans la meute de Perchino.

Avec la vitesse et la tête étroite obtenues dans les premières sélections de Perchino, il ne restait plus qu’à introduire dans le Barzoï Moderne, les oreilles, la queue et la fourrure de l’ancien type. Joseph B. Thomas appelle ce type de Barzoï, l’ancien type (voir l’illustration “The Illustrated Outdoor News, 1903). Pour introduire ces caractéristiques, le Grand-Duc acheta une fois, un chien sans grand intérêt pour Perchino, mais qui avait d’excellentes oreilles. Il paya 2000 roubles pour celui-ci et plaisanta en disant: «Chaque oreille me coûte 1000 roubles.»

A gauche: "Kopchic o'Valley Farm" - jeune chien de 10 mois - Type ancien idéal
A droite: "Czar Nicholas" - Notez la tête frustre et grossière et la queue trop courte

En 1971 Winifred E. Chadwick dit: «Le Barzoï qui dérivait du lévrier à poil court du Courland, devint vers le XIXème siècle l’ancien type idéal, que le Grand-Duc Nicolas essayait de reproduire à Perchino.» Ceci sous-entend que le Barzoï Moderne était une tentative de reproduire l’Ancien Type. Ceci n’est pas le cas. La sélection du Barzoï Moderne avait eu pour but, d’avoir un chien avec une poitrine plus large, avec une plus grande endurance, tout en gardant les oreilles, la queue et la fourrure de l’ancien type.

Quand Joseph B. Thomas se rendit en Russie, le Grand-Duc Nicolas et Dmitry Waltzoff mettaient les dernières touches au Barzoï Moderne de Perchino et ce fut ce type qu’apprécia Joseph B. Thomas. C’était le type de Perchino, le Psovaya Barzaya, à l’origine sélectionné par Matchevarianov et Ermolov. La plupart du travail initial fut accompli par Nikolaï A. Boldarev, Dmitry Waltzoff et d’autres, avant que le Grand-Duc ne fonde la meute de Perchino. L’élevage de Perchino n’a pas existé assez longtemps pour produire un type qui lui soit propre. Dans le numéro de l’hiver 1992, Semchenkov dit: «En considérant la courte période d’existence de Perchino et que l’élevage maintenait un échange continuel de mâles avec les meilleurs élevages (ex: Boldarev et Oserov), il est impossible de classifier la meute de Perchino comme un type propre.» Semchenkov dit aussi: «La conclusion inévitable veut que les chiens de Perchino, de Boldarev et d’Oserov soient étroitement relatés.» Dmitry Waltzoff écrivit: «Je dis “notre” petit cercle de chasseur, qui élevèrent conjointement et dont le modèle de départ était le Barzoï de “l’Ancien Type”. Dans ce cercle restreint il y avait moi-même, Nikolaï Boldarev, J.P.. Sokolov et S.W. Oserov.» Ici encore, Dmitry Waltzoff parle de son idéal découlant de l’ancien type de Barzoï. Les caractéristiques de l’ancien type qu’il recherchait ne concernaient pas la construction générale du chien, mais les oreilles, la queue et la fourrure. Il recherchait la largeur du poitrail et la musculature plus développée du Barzoï Moderne. En 1912, quand Dmitry Waltzoff dit: «race de sang pure.» Je crois qu’il veut dire que les chiens de Perchino, proviennent de pur-sang Matchevarianov et Ermolov et comme je l’ai dit plus haut, il définissait la race selon la fonction, plutôt que par le pedigree uniquement. Si le chien courait et se comportait comme un Barzoï, c’était alors un “pur-sang”, quelqu’en soit le pedigree. Ces chiens étaient considéré des “pur-sang”, malgré le judicieux panachage de sang du Gustopsovaya Barzaya, le Barzoï des Montagnes et d’autres lévriers.

De retour aux USA

"Bistri" de Perchino

En 1903, Joseph B. Thomas acheta trois Barzoïs en Russie. Parmi ces trois chiens il y avait “Bistri” de Perchino. “Bistri”, était seulement un chien de la troisième génération de Perchino. Mais les chiens de Dmitry Waltzoff et de Nikolaï A. Boldarev remontent six générations avant “Bistri”. L’arrière grand-père de “Bistri”, du côté paternel était “Tcharodeï”, qui appartenait au Prince Wassiltchikov et celui-ci était issu des lignées de Matchevarianov et d’Ermolov, avec derrière du barzoï des Montagnes. Un autre chien qu’importa Joseph B. Thomas fut “Sorva” de Woronzova (Boldarev), était lui aussi un mélange de sang. Aatis Lillstrom dans une correspondance privée dit que: «A la troisième génération derrière “Sorva”, du côté paternel, le père de “Molva” de Boldarev était “Tchort” de Tchebitchev, un Chart Polsky (polonais).» Joseph B: Thomas disait que “Bistri” avait une fourrure très bien fournie. La photo de “Bistri” montre ce qui était considéré alors, comme une fourrure “fournie”

"Sorva" de Woronzova
Photo publiée dans "Illustrated Sporting News", en 1903

Joseph B. Thomas revint aux USA avec cinq Barzoïs. Les trois achetés en Russie et deux achetés en Europe. Ceux-ci s’ajoutèrent aux 35 Barzoïs, déjà la propriété de l’élevage “Valley Farm”. A ce moment, l’élevage commença à sélectionner, ce qu’ils appelèrent “l’ancien type”. En 1904, Joseph B. Thomas retourna en Russie. Pendant ce voyage, il participa à une chasse avec le Grand-Duc. En 1912, il dit «Les meilleurs chiens… “d’exposition” dirons-nous, ne sont pas tenus à l’écart du travail.» Joseph B. Thomas était tellement impressionné par la vitesse des chiens de Perchino, qu’il dit en comparant les Barzoïs, aux Greyhouds et aux Deerhounds: «Il y a très peu de différence entre ces races, sauf que la taille plus petite du Greyhound, lui permet d’être plus agile pour prendre les virages. Mais, même cela dépend du spécimen observé.» A son retour de Russie, Joseph B. Thomas ramena avec lui quatre Barzoïs.

"Almas" de Perchino

En 1906 Joseph B. Thomas disait que l’élevage de “Valley Farm” avait 200 Barzoïs de l’ancien type. En moins de deux ans et demi, l’élevage passa de 40 Barzoïs à 200, avec seulement 7 importations russes. Joseph B. Thomas se réfère à la meute de “Valley Farm”, pour dire que c’est la seule du monde à être de l’ancien type. Cependant, produire plus de 160 chiens en moins de trois ans, avec seulement 7 chiens est impossible, sans avoir utilisé des chiens des élevages “Seacroft” et “Terra Cotta”. Joseph B. Thomas ne leur donne aucun crédit, quand à leur participation à la production des chiens à “Valley Farm”. Les chiens des élevages “Seacroft” et “Terra Cotta”, partagent la même souche que le chien “Bistri” de Thomas. Comme mentionné plus haut, Thomas disait que “Bistri” était le premier Barzoï de l’ancien type à avoir quitté la Russie. Ceci nous amène à la conclusion que l’élevage “Valley Farm” avait produit 193 Barzoïs en moins de deux ans et demi, à partir des sept Barzoïs de l’ancien type, venant de Russie. J.F.. Crangle, l’intendant général de “Valley Farm” donne plus de détails sur la production de l’élevage. En juillet 1906, il dit: «A ce jour, nous avons enregistrer au livre des origines de l’American Kennel Club, 304 Barzoïs, tous de notre production.» Il dit aussi que “Bistri” avait produit 213 chiens en moins de 2 ans (?). Encore selon Monsieur Grangle, l’élevage “Valley Farm” avait en juillet 1906, 54 femelles et 7 mâles. Ceci veut dire que “Valley Farm” avait vendu plus de 200 Barzoïs en moins de 2 ans (?), et cela n’inclut pas la production avec des femelles d’autres élevages. L’élevage de “Valley Farm” était une affaire commerciale et Joseph B. Thomas , avec ses associés, avait fondé “Valley Farm” pour faire de l’argent. En plus des chiens “Valley Farm”, vendait de la volaille. La production était telle, que celle-ci faisait des bénéfices et pour arriver à ce résultat, Joseph B. Thomas utilisa à profusion le slogan commercial de “l’Ancien Type”. Après le seconde visite de Thomas en Russie. l’élevage de Perchino fit de la publicité pour vendre des Barzoïs et ceux-ci étaient facilement disponibles. L’article publicitaire de 1908 incluait: «Le fameux élevage de Perchino, la propriété de Son Altesse Impériale, le Grand-Duc Nicolas Nicolaievitch, vous annonce qu’il a toujours des Barzoïs de première classe en disponibilité. Ceux-ci sont des pur-sang Russes de l’ancien type.» Eux aussi, ont utilisés l’artifice commercial de “l’ancien type” pour promouvoir leur chiens. Joseph B. Thomas et Dmitry Waltzoff connaissaient parfaitement l’origine des chiens et savaient que ceux-ci n’étaient pas des pur-sang et d’un type ancien. Ces chiens étaient en vérité magnifiques, représentant des décennies de travail et d’argent investi. Ce travail et cet argent investi dans la modification du Barzoï, commença déjà au commencement du XVIIème siècle. Toutefois, ce n’est que pendant le XIXème siècle, que les résultats se firent sentir, avec les travaux, de Nicolaï Petrovitch Ermolov qui écrivit le premier standard du Barzoï, de Pjotr Mihaïlovitch Matchevarianov pendant 60 ans et de Nikolaï A. Boldarev pendant 30 ans. Ceux-ci furent suivis par Dmitry Waltzoff qui, avec les ressources du Grand-Duc, a pu réunir ces travaux sous un seul toit et continuer jusqu’en 1912. Mais ce n’est définitivement pas la résurrection de l’ancien type étroit, raffiné et seulement capable de courir sur de courte distance. C’est l’épanouissement du Psovaya Barzaya.

Le fameux élevage de Barzoï de “Perchino”, qui appartient à Son Altesse Impériale, le Grand-Duc Nicolas Nicolaievitch, a le plaisir de vous annoncer, qu’il dispose à tout moment des Barzoïs de première classe, du plus pur type Russe “ancien”. Ceux-ci sont d’excellentes qualités pour l’exposition, le coursing, l’élevage et la chasse.
L’élevage de Perchino a toujours gagné les premiers prix et les médailles de première classe, dans les événements canins où celui-ci était représenté. L’élevage de Perchino a une meute de plus de 300 Barzoïs et l’entraînement à la chasse au courre du loup constitue une valeur ajoutée indéniable pour ceux qui en ont bénéficié.
Des photographies de spécimens représentatifs, seront publiées dans les prochains numéros du journal.
Les communications et les questions peuvent être adressées à l’adresse suivante:
Worthington Whitehouse, 573 5th Av., New York.
N. Koshelev, Supt, Perchino, Gouvernement de Tula, Russie
A l'Amateur Américain du Barzoï
"Bistri" de Perchino, champion Américain, élevé par Son Altesse Impériale, le Grand-Duc Nicolas

Le fait que Joseph B. Thomas et l’élevage de “Valley Farm” produisaient du Barzoï et que par des artifices commerciaux, ils en ont fait une affaire rentable, il est indéniable qu’ils ont contribué à la diffusion du Barzoï aux USA. Thomas était aussi un chasseur et il préférait le chien de travail, que le chien d’exposition. Il en tint compte dans ses programmes de sélection. Thomas ramena de Russie, un des meilleurs Barzoï du monde et celui-ci éleva le niveau du Barzoï en Amérique. Thomas connaissait les chiens et savait de quoi il parlait quand il voyait un beau chien. Pour promouvoir le Barzoï, comme chien de travail, il commença un élevage dans l’état du Wyoming. En 1912, un certain F. Hochwald écrivit: «En Amérique, ce chien n’a pas prouvé son efficacité contre le loup, réputation qu’il avait acquise en Russie. Les quelques essais sur le terrain en guise de démonstration, montrèrent que celui-ci manquait de puissance ou d’entraînement pour venir à bout du loup Américain. Toutefois, Monsieur Thomas croit qu’avec un entraînement approprié, le Barzoï peut devenir un très bon chasseur en Amérique et pour cela, celui-ci créa un élevage au Wyoming où il envoyait de jeunes chiots pour qu’ils soient correctement entraînés. Jusqu’à présent (toujours en 1912), nous avons peu entendu parler des résultats de Monsieur Thomas, avec son élevage dans l’état du Wyoming. ce projet de Monsieur Thomas, n’a probablement pas eu les résultats escomptés. Mais, ce projet a contribué à introduire le Barzoï, dans le nord-ouest du pays où il répond parfaitement à une demande,par les propriétaires de ranch, d’un chien polyvalent. Actuellement, il est possible de voir des Barzoïs, dans l’Idaho, le Montana, l’état de Washington et l’Oregon. Au Canada, il possible d’en voir, dans l’Alberta, le Manitoba, le Saskatchewan et en Colombie Britannique.» Ici, Thomas est crédité d’avoir introduit le Barzoï comme chien de travail, dans l’ouest des États Unis et au Canada comme d’autres choses qu’il fit pour la race.

Thomas appréciait aussi certaines caractéristiques qui sont examinées particulièrement en exposition. Ces caractéristiques sont les oreilles, la fourrure, la tête, la profondeur de la poitrine et la queue. Ce sont ces caractéristiques que Thomas attribuait à l’ancien type. Mais comme le dit Budiansky, en 1999: «Il n’est pas vraiment possible de sélectionner des caractéristiques essentiellement visuelle (la beauté) et en même temps, des caractéristiques essentiellement d’utilité (le travail de berger et l’exemption de tare). Ce que voulaient Thomas, le Grand-Duc Nicolas, Dmitry Waltzoff et Nikolaï A. Boldarev, c’était les caractéristiques de travail chez le Psovaya Barzaya, avec les oreilles, la fourrure, la tête, la profondeur de la poitrine et la queue de l’ancien type. Comme Thomas le dit en 1912: «Les caractéristiques de l’ancien type sont, la profondeur du poitrail, la longueur de la fourrure et le manque de stop.» Il n’est fait aucune mention de la largeur de la poitrine et de la masse musculaire, des caractéristiques qui furent introduites par le Barzoï des Montagnes.

Thomas exposa intensivement ses Barzoïs (outil commercial), mais il pensait que les expositions posaient des problèmes, ceux-ci étant toujours d’actualité de nos jours. A ce propos Thomas disait en 1912: «Vous réalisez peut être, comme moi, que les expositions sont amusantes et permettent de faire connaître une race au grand publique, mais elles ne sont pas particulièrement le meilleur endroit pour améliorer les caractéristiques fonctionnelles de celle-ci. Théoriquement, les juges doivent, bien sûr, primer les chiens que l’on peut reconnaître dans le standard et, celui-ci est en principe rédigé en prenant d’abord en compte les caractéristiques fonctionnelles. Quand le juge a une connaissance pratique des caractéristiques fonctionnelles, un jugement adéquat est généralement la règle. Malheureusement trop de juges sont ignorants de leurs devoirs, bien que ceux-ci soient éleveurs ou propriétaires. J’ai remarqué, non seulement en Amérique et en Angleterre, mais aussi en Europe Continentale, des Barzoïs de “mauvaises qualités”, avec souvent des mauvaises gueules qui reçurent des prix. En plus, dans pratiquement chaque exposition que j’ai visité, il y avait des Barzoïs trop gras qui ne méritaient certainement aucune distinction. En un mot, les expositions mettent l’accent sur les aspects superficiels de la beauté. Ceci est particulièrement valable en Angleterre où l’accent est mis sur les caractéristiques qui pourraient “attirer” l’oeil du juge et non pas sur celles qui pourraient montrer l’efficacité du chien au travail. A force de privilégier les aspect de la beauté, ces chiens seront utilisés pour la reproduction, que ceux-ci soient capable ou non, de travailler.» En l’état, les choses sont pratiquement les mêmes de nos jours.

Thomas a dit des Barzoïs qu’il vit en Europe: «Tous ont montrés qu’ils avaient besoin d’être utilisé sur les terrains de chasse.» Thomas cherchait le chien de travail, un chien sélectionné pour sa fonction première, la chasse au courre et pas seulement un chien présentant bien. Cette capacité a été perdue, car les éleveurs n’utilisaient pas leur chien au travail. Il est possible d’élever des chiens qui présentent les attributs extérieurs d’un chien de travail, sans les mettre à l’épreuve, mais pas indéfiniment. A un moment donné, l’éleveur perdra les qualités qui font de son chien, un bon coursier. Conduire un programme d’élevage selon le standard ou l’apparence extérieure, ne veut pas dire que la fonction du chien sera préservée. En 1891, le Baron G.D.: Rozen écrivit: «Aucun manuel et aucun gibier capturé n’a amélioré la vitesse, si ce n’est le travail à la chasse régulièrement, génération après génération et c’est en sélectionnant les plus rapides, que fut produit le Barzoï. C’est la chasse au courre qui fit le Barzoï et pas l’élevage selon des attributs extérieurs. Les membres, le dos, les angulations, la fourrure et même la forme de la tête, presque tous les aspects de celui-ci viennent de sa fonction. Raymond et Lorna Coppinger ont écrit en 1999, dans “Les bases biologiques du comportement des races de chien domestique”: «Le comportement est le composant fonctionnel de l’évolution. La capacité d’un chien à courir est une composante de l’évolution et non ses jambes. La paléontologie examine l’évolution des os, car ceux-ci sont fossilisés. L’étude de l’évolution de la longueur d’un fémur montre la modification du membre mais, pas les changement de la capacité de l’animal de courir ou de sauter.» Les Coppinger suggèrent aussi dans leur livre, “Les Chiens” en 2001, que la tête du Barzoï est une évolution dictée par la fonction et non pas par l’esthétique: «La croissance de celle-ci commence tôt et est si rapide, que le palais et les dents sont forcés vers l’avant en dessous de l’axe du crâne, donnant au chien cet aspect de tête romaine. A cause de l’affaissement du palais, les orbites oculaires sont tirés vers l’avant permettant un chevauchement de la vision, se qui devrait donner à l’acuité visuelle du Barzoï, une meilleure appréciation de la profondeur. Est-ce que celui-ci chasse à vue le lapin, parce qu’il a une meilleure vue tridimensionnelle que d’autres races? A-t-il des gènes qui lui permettent la perception tridimensionnelle? Oui et non! Il a une plus grande croissance nasale c’est tout, ce qui place les yeux, phylogénétiquement dans une position bizarre. Le résultat de ceci permet un meilleur chevauchement de la vision et une meilleure appréciation de la profondeur de champ. Si je voulais sélectionner des chiens chassant le lapin, avec une meilleure perception de la profondeur de champ, je choisirais mes meilleurs chasseurs et je les élèverais entre eux. Mais, je ne me rendrais certainement pas compte que je suis en train de faire une sélection pour avoir un os nasal plus long. Les yeux ne sont pas meilleurs que chez une autre race. Ils sont juste mieux positionnés pour avoir une bonne vision vers l’avant.»

E.G. Walsh dans son livre “Lurchers and Longdogs”, le dit très bien, quand il écrivit: «Les chiens qui sont élevés en fonction de l’aspect extérieur pour les expositions, le sont selon un standard “arbitraire”, imaginé par un club de race. Ce standard sera écrit uniquement selon les composants extérieurs du chien; sa taille, la couleur et la longueur de sa fourrure, la couleur de son nez et de ses yeux. la longueur de ses oreilles, droites ou pliées, la forme de sa queue, etc et etc. Aucun de ces attributs n’a un quelconque impact sur sa capacité à faire le travail pour lequel il a été, à l’origine, sélectionné.» Elever pour l’aspect extérieur, en espérant que le chien sera capable de travailler s’appelle de la “rétro sélection”. L’élevage consiste à sélectionner pour la fonction, l’aspect extérieur suivra. Les éléments “périphériques” et les détails voulus peuvent être ajoutés, mais pour faire un Barzoï, la souche de fondation doit provenir d’un spécimen qui sache courir. Ce spécimen ne sera jamais le produit d’un standard verbal, sans utiliser les chiens pour leur fonction première, la chasse au courre. La description (standard) résulte de ce que la fonction a créé, certainement pas dans l’autre sens. Nous faisons de la “rétro sélection”. Nous disons que l’aspect suit la fonction et nous croyons ensuite, que si nous arrivons à créer l’aspect correct, la fonction suivra. Si nous arrivons à avoir un aspect correct, ce sera pour le mieux. En réalité, si la fonction est correcte, par définition c’est bien.

Quand Thomas devint insatisfait avec les Barzoïs d’exposition, il put aller et trouver des chiens de travail dans les élevages Russes. De nos jours, nous n’avons pas cette possibilité. Avec si peu de Barzoïs de travail disponible aujourd’hui, nous devons maintenir cette capacité et l’aspect qui en résulte, sinon nous perdrons tout pour toujours.

En 1904, Thomas participa à la fondation du Club Américain du Barzoï et écrivit dans le numéro du 27 février 1904, de “Forest and Stream: «New York, le 16 février – Le Club Américain du Barzoï a été officiellement fondé le mercredi 10 février. Les statuts et le standard ont été acceptés. le comité a été élu et se compose du Président Edward L. Krause, du Vice-Président John G. Kent, du Secretaire-Trésorier Joseph B. Thomas. En plus du comité sont élus comme adjoint, James Mortimer, Dr. J.E. De Mund, E.M. Lockwood, George Ronsse, Joseph. B. Thomas. Le Dr. J.E. De Mund fut élu comme délégué du Club, au Club Américain des Chenils (AKC). A sa fondation le Club comptait 50 membres. La cotisation annuelle fut fixé à 5$, avec un émolument d’entrée de 5$. Des prix spéciaux seront offerts aux différentes expositions et tout sera fait pour promouvoir le lévrier Russe.» En 1911, Joseph B. Thomas fit un dernier voyage en Russie, pour acquérir des Barzoïs et c’est cette année-là qu’il fondât son premier élevage de “Foxhound". En 1915, il délaissât le Barzoï complètement, pour se consacrer uniquement au “Foxhound”, comme le fit Roger D. William. Thomas ne s’intéressat au Barzoï que pendant 16 ans. Lors du premier voyage de Thomas en Russie, Artem Boldarev n’élevait des Barzoïs que depuis 7 ans et Dmitry Waltzoff depuis plus longtemps encore. Nikolaï A. Boldarev a élevé des Barzoïs pendant plus de 30 ans. et la famille Ermolov depuis 200 ans. Quand à Matchevarianov, il éleva des lévriers pendant 60 ans. Le Grand-Duc lui-même n’avait pas cette expérience qu’avait Ermolov, Matchevarianov, N. A. Boldarev et Waltzoff. Artem Boldarev ne fit que continuer le travail de son oncle Nikolaï A. Boldarev. Joseph B. Thomas était certainement le plus novice de tous.

Conclusions
Joseph B. Thomas aimerait nous faire croire, que les Barzoïs qu’il importa de Russie avaient quelque chose de spécial, mais ceux qui furent importé aux USA avant que Thomas n’aille la première fois en Russie, provenaient tous de la même origine. “Krilutt”, Leekhoï” et “Argoss” avaient tous des frères et soeurs, qui sont présents dans le pedigree “d’Almas”, le père de “Bistri”. Beaucoup des premières importations aux USA, provenaient des mêmes élevages que les chiens de Thomas et sont des “Psovaya Barzaya” et non des Barzoïs de l’ancien type comme Thomas voudrait nous le faire croire. Le seul plus qu’avaient les Barzoïs de Thomas, était qu’ils provenaient des élevages de Dmitry Waltzoff et de Nikolaï A. Boldarev à une période plus récente.

Le Barzoï Moderne comme nous le connaissons, commença son existence de chien de “pure race” à la fin du XIXème siècle, à cause de la naissance des “expositions” et des livres d’origines “fermés”. Ce n’était pas parce que le Barzoï de “race pure”, était un meilleur chien de travail. Depuis que, nous nous sommes “enfermés” dans cette notion de “race pure, nous devons faire très attention avec ce que nous faisons de nos Barzoïs. Comme l’élevage est de plus en plus dirigé vers l’aspect extérieur du chien, pour les expositions, les caractéristiques qui font de ce chien, un chien de travail pourront être perdues. Si cela arrive, parce que nous ne pouvons pas introduire du sang d’un autre lévrier, comme l’ont fait les anciens éleveurs Russes, il sera presque, sinon impossible de retrouver les caractéristiques perdues. De même, à cause du livre des origines fermés, il sera impossible de corriger les défauts génétiques et structurels. Quand les éleveurs et chasseurs Russes voulurent un chien avec plus de mordant, ils introduisirent dans le barzoï d’alors, du sang de Barzoï hirsute. Et, quand ils voulurent plus d’endurance, de largeur de poitrine et de puissance, ils introduisirent du sang de Lévrier des Montagnes. Nous n’avons pas ces possibilités. Si ces caractéristiques disparaissent du “pool” génétique, elles seront perdues à jamais. En 1999, Budiansky dit: «Elever pour la pureté du sang, est comme s’assurer les services d’un conteur, non pas sur la qualité des contes racontés, mais sur combien de génération de conteur il y a derrière lui.» Le résultat est le même, si l’élevage du Barzoï est pratiqué seulement en fonction de la pureté du sang, sans prendre en considération ses capacités à la chasse au courre.

La sélection du “Psovaya Barzaya”, à partir du “Gustopsovaya Barzaya”, prit plus de 60 ans et les ressources de personnes très fortunées. Des vies entières et des fortunes furent investies. Ce n’est pas facile de créer ou d’améliorer (bonifier) une race et il est d’autant plus difficile de la maintenir. Nous devrions, en toute humilité, faire ce qu’il faut pour préserver et non pas, avec arrogance, vouloir “améliorer” le Barzoï ou le pousser dans ses extrêmes. En 1891, le Baron Rozen a écrit: «Beaucoup de jeunes éleveurs font des erreurs en voulant aller trop vite. Préserver une race, est un travail bien plus difficile que l’on peut le croire. Pour exceller dans cette voie, l’éleveur a besoin d’être patient, d’être observateur, de l’expérience et de beaucoup de prudence. La race que nous connaissons fut élevée et sélectionnée pendant des décennies. Les éleveurs ont fait leur travail avec patience, assortissant leur chien l’un à l’autre avec prudence et ne rêvant pas d’améliorer la race en 3 ou 4 ans. Ils menèrent ce projet à bien avec lenteur et circonspection.»

Le Barzoï est une race de chasse. L’amélioration des capacités à la chasse ont fait de la race, celle que nous avons aujourd’hui et celles-ci sont toujours déterminantes. Si ces capacités particulières sont perdues, alors la vraie race du Barzoï cessera d’exister. En 1891, le Baron Rozen avait dit: «Nous avons un matériel très riche et il n’est certainement pas inférieur à ce qu’avaient ceux qui vinrent avant nous. La seule déficience que l’on peut constater, est la diminution du cheptel, chez le lièvre, le terrain d’essai de tout lévrier.» En comprenant parfaitement l’origine de la race et ce que les anciens éleveurs Russe faisaient, peut aider les éleveurs de nos jours, à comprendre le standard et de savoir à quoi cette race doit avoir l’air visuellement. Ceci est vrais, même si ceux-ci ne peuvent plus faire chasser leur Barzoï. Les éleveurs doivent comprendre ce qu’est un Barzoï destiné à la chasse au courre, s’il veulent préserver les particularités de la race.

En 1960, Stedman Shumway Hanks écrivait: «Nous espérons qu’en mettant en lumière, ce remarquable passé du Barzoï, que cela apportera au public américain et dans les autres pays, la certaine supériorité du chien de travail, grâce à sa puissance, sa vitesse et son agilité.» Nous espérons que notre travail ira dans ce sens. Si l’élevage est fait uniquement en fonction de la beauté extérieure, sans prendre en considération les capacités à la chasse, alors l’histoire et le travail des éleveurs Russes, ne vaudra plus rien. Le Barzoï deviendra une race sans éclat, comme la grande moyenne des races d’exposition et le merveilleux cadeau que nous avons reçu sera perdu. Nous devons savoir et comprendre ce qu’a été le travail et le but d’Ermolov, de Dmitry Waltzoff, de Matchevarianov et de Nikolaï A. Boldarev, quand ils développèrent cette race. C’est à ce prix que nous comprendrons le standard d’aujourd’hui et les différences du standard d’alors. Ils produisirent le “Barzoï Moderne”, le “Psovaya Barzaya” ou comme le disait Ermolov, le “Lévrier Russe”. En assimilant tout cela nous serons mieux préparé pour élever, de notre mieux, le vrai Barzoï, le “Russkaya Psovaya Barzaya”, le “Greyhound Russe”. Ceci pourrait être impossible à entreprendre et comme le disait, Birr, Krakauer et Osiander, dans leur livre “Dog’s Best Friend”, sur les effets de la révolution d’octobre de 1917, sur le Barzoï: «Là aussi, les méthodes d’élevage de l’aristocratie disparurent à jamais. Le Barzoï, le lévrier de Russie fut préservé pour le monde canin, seulement grâce à l’initiative de quelques immigrés et d’amateurs à l’étranger. Mais, quel que soit les précautions avec laquelle les sélections ont perdurées, quel que soit la passion mise au service de la race et quel que soit le savoir, les conditions de la Russie ne purent pas être reproduite et le chien de travail des steppes devint un chien terne de compagnie.» Nous sommes les héritiers du passé, les gardiens du présent. Nous avons en main le futur du Barzoï et nous devons faire le maximum pour prouver que c’est vrai.

Traduction: Peter A. de Coulon
Copyright version française: Peter A. de Coulon
Relecture et corrections: Marie-Josèphe de Coulon