Echos de la Vieille Russie
Par Alexander Sushko (Ph. D.)
Université de Chicago - USA
Ceci est la dissertation accompagnant une exposition de portrait de lévrier, dessiné par N. A. Martinow, par la Société Impériale de la Cour Royale de Russie (1874-1879).
La Chasse pratiquée par les hommes du paléolithique comme moyen de subsistance, devint pendant la période du néolithique la prérogative des personnes ayant le temps et largent. Plus tard, cette activité fut réservée aux rois et à la noblesse. A partir des temps Modernes, celle-ci devint le privilège des beati possidentes.
Très tôt dans lhistoire de lhumanité, le chien fut entraîné et utilisé comme auxiliaire pour la chasse. Mais, la chose la plus remarquable est le fait que le Barzoï (Note: Ici, le terme de Barzoï veut dire lévrier au sens large) a, depuis lantiquité, toujours été considéré comme le chien de chasse par excellence. Des représentations dun lévrier couleur jaune sable, de forme longiligne, avec des oreilles dressées et pointues existent depuis longtemps, sur les monuments de lancienne Egypte. Il nest pas impossible que les lévriers présent dans lest Arabique et dans les Baléares à louest soient les descendants direct de ceux qui sont représentée sur les monuments égyptiens. Ceux de lest Arabique sont très apprécié en Arabie, en Perse et en Afghanistan et sont connu sous le nom de Salukis. Toutefois, ceux-ci diffère des races Européen par les oreilles tombantes. Le Rampur des Indes, un lévrier particulièrement puissant, est probablement un descendant du Saluki.
LEurope est-elle la région originel du développement des caractéristiques du Barzoï ? Ceci est très certainement possible. Arrian, un écrivain qui vécu au 2 ème siècle de notre ère, décrit dans ses textes, avec entrain, le chien Gaulois, une race qui ressemble à tout point de vue au lévrier moderne. Que se soit ses caractéristiques physique ou la façon dont il est employé pour la chasse.
Ovid et Martial mentionnent la même race, lappelant canis gallicus. Son nom espagnol était Galgo. Sans aucun doute, celui-ci était un lévrier. Selon un témoignage de Strabo (200 de notre ère), les Britons élevaient également des lévrier très capable.
Il est pratiquement certain que lancien lévrier Gaulois fut importé dans louest de lEurope par les énigmatiques Cimmérien, une peuplade occupant les plaines infinies de lest Européen et de lEurasie Centrale, pendant des temps immémoriaux. La passion dévorante pour la chasse à cour, manifestée par les Gaulois, les Francs et les Slaves, descendant direct des Cimmériens de lEurasie Centrale, est abondamment vérifiée par les sources historiques (archéologie). Mais il est utile de noter que, si la chasse avec des chiens, des faucons et des aigles était la récréation la plus noble de nos ancêtres, le lévrier à toujours été le compagnon de chasse préféré des gentilhomme.
Dapparence légère mais puissamment bâti et dune élégance rare, avec une tête fine et droite, le Barzoï russe a des membres allongé, doté dune forte musculature. Il a de grand yeux en amande très doux. Sa fourrure fournie, dun touché soyeux est dune superbe couleur ivoire, avec de temps à autre des marques foncées sur le dos et la tête. Son ancêtre considéré comme une race hors du commun, connu sous le nom de lévrier du Kurland nexiste plus à nos jours. Dans cette optique, je doute fortement que le fameux lévrier de Pologne et particulièrement dUkraine élevé avec tant de passion par les grands de ces pays, existe encore.
Il peut être assurément dit, que le Barzoï russe de nos jours, possède du sang du Saluki asiatique et des races de louest. Pourtant, il est toujours dune race noble, quoiquen en disent les critiques ironiques du périodique The Old Dog, publié en Irlande.
Les Barzoïs chassent uniquement à vue, bien quayant un odorat très développé. Leurs vitesse à la course est remarquable : il peuvent facilement concurrencer un train rapide pendant une heure (BD - Je suspect que cest une exagération. La question est ; quelle était la vitesse dun train en 1890 ?)
Dans la vieille russie, les parties de chasse avec des Barzoïs étaient, en principe, pratiquées à cheval. Tôt le matin, le groupe comprenant plusieurs centaines de personnes, composé de chasseurs, de maîtres-chiens, de serviteurs et de paysans quittaient la résidence du seigneur. Les chasseurs étaient divisé en deux groupes. Un groupe accompagné de chiens Setter (Krychani) était utilisé comme rabatteur pour forcer le gibier à sortir des fourrés. Une fois le gibier dans la plaine, lautre groupe le poursuivait à vue avec les Barzoïs. Pendant les manoeuvres dapproche et de rabattage du gibier, les Barzoï étaient tenu en laisse (swor) par groupe de deux à trois. Trois au maximum, par maître-chien. La chasse à langlaise était très populaire en Russie, particulièrement pendant la deuxième moitié du 19 ème siècle.
Le chasseur russe poursuivait principalement le lapin, le renard et le loup. Toutefois, la chasse au loup nétait pas le travail de tous les Barzoïs. Jestime que le lévrier le plus capable pour ce genre de travail est le Khorty ukrainien. Une superbe narration dune chasse à lukrainienne utilisant le Khorty, par mes ancêtres, nous est donnée par J. G. Kohl (1830).
La voici:
A ces "stations" dont les village étaient la propriété dun seigneur, lon était certain dapercevoir en nombre, de superbe spécimen de lévrier. Ceux-ci sont appelé Barzi et sont pratiquement les seuls chiens utilisé pour la chasse dans la steppe où une excellente vue est certainement plus importante quun odorat bien développé. Il est vrais, que les riches seigneurs de la steppe ont dautres chiens et quelque fois, organisent des expéditions de chasse sur une grande échelle. Un gentilhomme nommé Skarzinski, qui possède une demeure seigneuriale près de Vosnessenks, a lhabitude dinvité à chaque saison 20 à 30 personnes avec toutes leurs suites à une grande partie de chasse. Quand il se met en route accompagnés de ses invités, quelques 25 dromadaires sont réquisitionnés pour transporter les tentes, la nourriture, les bagages et tout ce qui est nécessaire au confort des hôtes. Même un orchestre dune trentaine de personnes accompagne lexpédition pour le plaisir des convives après une rude journée de chasse. La domesticité attachée à lexpédition, comprenant 200 à 300 personnes, est composée de paysan, de servant et de chasseur.
Pendant la journée, Skarzinski et ses invités écument la plaine et le soir arrivé, ils rentrent au camp où un somptueux banquet les attends. Après le repas, les convives jouent aux cartes en buvant du champagne au son de lorchestre. Les journées sécoulent de cette manière chemin faisant pour aller à "Beisbairak", près "d'Elizabethograd" où ce trouve une vaste plaine très giboyeuse en lapin, renard et loup. Près de cette localité, se rencontre dautres expéditions de chasse pour ne former quune seule et grande troupe autour de Skarzinski. Après plusieurs semaines de chasse et de réjouissance, la saison est close par un grand festival.
La chasse au loup est en elle-même étrange. Dès quun fourré abritant une meute de loup est repéré, celui-ci est entouré dun filet. Devant ces filets ce placent dabord les convives armés de fusil et derrière eux les paysans armé de fourche et de pique. Ensuite, les conducteur de chien, accompagnés de leurs animaux, pénètrent dans lenclos formé par les filet en poussant des hurlements pour faire fuir les loups dans la plaine. Je pourrais aisément imiter ce hurlement si particulier, mais pas du tout vous le décrire, car une fois quil a retenti a vos oreilles, celui-ci est inoubliable. Les loups qui ont échappé aux coups de fusil, se prennent dans les filets où ils sont capturés et mis à mort par les paysans. Parfois, certains sont pris vivant. Le vrais Cosaque des steppes ne chasse pas au fusil ou à la fourche. Mais, monté sur son cheval, il tue un loup dun coup de nagaika (Couteau, dague, poignard ?) ou de fouet aussi sûrement quavec un sabre.
Tout comme le fameux Juliusz Kossak (Père 1824-1898) fut salué comme le plus grand peintre de chevaux et de Khorty en Pologne et en Ukraine. De même que P. P. Sokolov fut reconnu universellement comme le plus grand dessinateur russe de scènes réalistique ayant trait à la chasse et aux festivités chevalines dans la vieille russie, Martynow devint le maître incontesté des portraits de Barzoï. Ce fait, nous le devons à Mr Alexander Root, lui-même grand amateur de belles chose.
Dans la vieille russie, ce style de peinture animalière était déjà connue au temps de Martynow. Un officier très en vue de la garde impériale, un certain P.V.N., qui résidait à St. Petersburg vers 1720, possédait un équipage de chien dont tous eurent le portrait peint par de jeunes artistes de la métropole. Beaucoup de ceux-ci doivent au gentilhomme Ismailovetz leurs études et parfois leurs carrières.
Toujours en russie, le nombre de connaisseurs (nimrods) plus ou moins passionnés était énorme. Il y a une centaine dannée, ceux-ci furent éclipsés par un certain Pamieshchick (Un riche propriétaire terrien) qui résidait dans un somptueux domaine, situé dans le gouvernement dOrlov. Très loin à la ronde, sa passion pour les expéditions de chasse était connue, auxquelles participaient nombre de personnes de hauts rang et personnalités de la fonction publique.
* Ici je me perds en conjecture. Sushkov parle dans le même paragraphe de Pamieshchick et de Monsieur N. K-ijs. Est-ce la même personne ou de deux différentes.
La résidence de Monsieur N. K-ijs consistait de plusieurs grands bâtiments, tous excellemment équipé pour recevoir une centaine de convives. Ceux-ci pouvaient jouir de son hospitalité plusieurs mois durant.
Les expédition de chasse de Monsieur N. K-ijs étaient, à tout point de vue, remarquable. Ses équipages de chiens de chasse comprenaient plusieurs centaines dexcellent spécimens. Les maîtres-chiens, tous extrêmement compétent, étaient habillé somptueusement. Le seigneur appréciait pardessus tout, les Barzoïs de race pure (Ceux sois disant appelé Chistopsowaya et Gustopsowaya). Lexpédition était appelé le matin au son de la pozov, un groupe musical de trompettiste et de corne de chasse. La colonne de chasseur, convive, maître-chien et domestique, etc.; sétirait sur plusieurs kilomètres. Le seigneur lui-même caracolait en tête avec les convives à cheval, les autres suivant dans des calèches.
La collection darmes à feux de cet extraordinaire gentilhomme était monumentale. Celle-ci consistait de plus dune centaines de pièces, de fabricant renommé tel que Purdey, Mortimer, Lancaster. Dans cette collection figurait également des armes de grand-maître comme Le Page, le suédois Starbuck et le fameux Lazzarino-Lazzarini dEspagne. Les armes personnels de Monsieur N. K-ijs ont été manufacturée par le français Gastine-Renette. Celui-ci mis plus de dix ans à parachevé sa pièce maîtresse.
Voilà ce quétait le train de vie des nantis de la vieille russie et de leurs expéditions de chasse.
Et même pendant ma jeunesse (1898-1910), jai participé à des parties de chasse qui comptaient plus dun millier de gens.
Martynow était un enfant de ces temps remarquables, qui ne reviendront certainement plus jamais. Il fut un peintre renommé au temps du tsar Nicolas 1er. Il était considéré comme le meilleur par ses pairs de lEmpire. Comme tel il reçut le mandat du ministère du Trésor pour dessiner les vieux monuments de Russie, ainsi que les travaux archéologiques. Le mandat était rémunéré de 3000 roubles par année. Somme qui, à lépoque, était considérée comme royale. Un album inestimable de ses dessins, fait pendant son mandat, fut archivé par la Société des Amis dAncienne Littérature de St. Petersburg, juste avant la Grande Guerre (1914-1918). Le restant de ses dessins furent préservés au Musée de la Société dArchéologie de Moscou.
En dépit du fait que N. A. Martynow était un artiste de grand talent, jouissant dune grande réputation dans les hautes sphères de la société de la capitale, sa modestie remarquable. En dehors de la Russie, il était méconnu par les académies artistiques et son décé passa complètement inaperçu par ses pairs. Ses aquarelles et ses dessins de superbes Barzoï appartenant à des membres de la famille impériale et à des représentants des plus illustres famille de la Russie dalors (1864-1879), furent récemment exporter du pays, sans que lon remarque quoi que se soit.
Nous croyons que N. A. Martynow fut le fils du célèbre Andreï Efymovitch Martynow (1768-1826), un talentueux peintre académicien de la période de la Grande Catherine et du tsar Alexandre 1er. Le temps qui voyait les grands de Russie chasser sur les plaines infinies de la Russie sacrée, avec des centaines de Barzoï et dautres magnifiques chiens de chasse appartient au passé. Il est pourtant certain, que la prochaine génération de la Russie moderne dira à ses enfants et à leurs arrièes-petits enfants comment leurs ancêtres prenaient plaisir à chasser sur les plaines les lapins, les renards et les loups en compagnie de leurs amis, leurs maîtres-chiens, leurs paysans au milieux des aboiements de magnifiques chiens de chasse Les splendides portraits de Martynow sont maintenant publiés en Amérique par des Américains de souche Russe, qui nous ferons penser à ces jours glorieux de notre jeunesse, disparu à jamais.
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